Personnages célèbres

Personnages célèbres du Pas de Calais :

Félix Bollaert :

Félix Bollaert (1855-1936) était un directeur commercial de la compagnie des mines de Lens.
Arrivé à Lens en 1856, il est le fils d’un riche président du Conseil d’administration des mines, Édouard Bollaert.
Étudiant à l’École polytechnique de Lille, il est ensuite chargé de la direction du service commercial des mines lensoises.

Durant la Première guerre mondiale, il est commandant d’artillerie, et reçoit en 1918 la rosette d’officier de la Légion d’honneur et la cravate de commandeur de l’Empire britannique.
En 1922, il prend la place de son père à la présidence du Conseil d’administration, et participe à la renaissance de sociétés musicales, militaires mais aussi sportives.

Avec son épouse Marthe Le Gavrian, il crée plusieurs prix et fondations.
Il décèdera en décembre 1936, à l’âge de 81 ans.
Pour lui rendre hommage, la société des mines de Lens donne son nom à la fosse 13 de la ville, puis au stade construit deux ans auparavant par cette même société.
Le stade du RC Lens porte notamment son nom.

Eugène-François Vidocq :

 Eugène-François Vidocq, né le 24 juillet 1775, rue du miroir de Venise, à Arras et mort le 11 mai 1857 à Paris, est un aventurier et détective français.

Fils de boulanger, François Vidocq commet divers larcins au cours de son enfance.
Sa forte taille (à 12 ans, il est un homme) lui rend la besogne facile.
À l’âge de 16 ans, s’engage dans l’armée révolutionnaire.
Il se bat alors à Valmy et à Jemappes puis déserte l’armée.
Il en est renvoyé en 1793.
Il poursuit alors une vie aventureuse de voleur et d’escroc entre Paris et le nord de la France.

Le bagne.
Arrêté par Henri Gisquet, il est condamné en 1797 par le tribunal criminel de Douai à huit ans de travaux forcés pour « faux en écritures publiques et authentiques ».
À Bicêtre, il est incorporé dans la chaîne de Brest, un groupe de forçats destiné au bagne de ce port.
Le voyage, particulièrement éprouvant, dure vingt-quatre jours.
Vidocq en profite pour tenter une première évasion en forêt de Compiègne.
Ce premier échec ne le décourage pas.
La chaîne de forçats parvient à Brest le 24 nivôse An VI (13 janvier 1798).
La chaîne fait halte à l’entrée de Brest à l’hôpital de Pontanézen, où on procède au déferrement des bagnards.

Vidocq essaie à nouveau de fausser compagnie à ses gardiens, mais il se foule les deux pieds en tentant de sauter le mur d’enceinte.
Trois semaines plus tard, il entre au bagne.
Le registre matricule du bagne le décrit ainsi: « 22 ans, taille de 5 pieds, 2 pouces, 6 lignes ; cheveux, sourcils châtains clairs, barbe de même ; visage ovale bourgeonné ; les yeux gris, le nez gros ; bouche moyenne, menton rond et fourchu, front bas, ayant une cicatrice à la lèvre supérieure côté droit ; les oreilles percées. »

Huit jours après son arrivée, il réussit à se procurer des vêtements de matelot qu’il dissimule à l’arsenal où il travaille.
Ayant réussi à se changer (Vidocq est un véritable transformiste) subrepticement, il quitte Brest sans être inquiété.
De nouveau arrêté en 1799, il est cette fois envoyé au bagne de Toulon, d’où il s’évade encore une fois, le 6 mars 1800.
Il acquiert de cette façon auprès des gens du milieu un respect et une notoriété sans égal.

La Sûreté.
En 1806 il propose ses services d’indicateur à la police de Paris.
En 1811 le préfet le place à la tête de la Brigade de Sûreté, un service de police dont les membres sont d’anciens condamnés et dont le rôle est de s’infiltrer dans le « milieu».
Ses nombreux succès et ses méthodes peu orthodoxes lui amènent autant d’admirateurs que de détracteurs.
Ses ennemis se trouvent dans la pègre mais aussi au pouvoir.
Par deux fois, ses supérieurs le font démissionner.
Plusieurs personnes arrêtées par Vidocq l’accusent d’avoir monté les coups pour ensuite arrêter ceux qui y ont participé et, de cette manière, prouver son efficacité dans la lutte contre le crime.
La justice ne retint pas ces allégations.

Le Bureau de renseignements pour le commerce.
En 1827, Vidocq démissionne définitivement de ses fonctions de chef de la Sûreté.
Il s’installe à Saint-Mandé, près de Paris, et crée une petite usine de papier.
Il invente le papier infalsifiable.
En 1828, il publie des Mémoires qui connais-sent un grand succès, et qui inspirent notamment à Honoré de Balzac son personnage de Vautrin.
Ruiné par son affaire d’usine de papier, il fonde en 1833 le Bureau de renseignements pour le commerce, la première agence de détective privée, qui fournit aux commerçants, moyennant finance, des services de renseignement et de surveillance.
Agé de 82 ans, François Vidocq meurt à Paris des suites du choléra, le 11 mai 1857, rue Popincourt.
Son lieu de sépulture est aujourd’hui inconnu.
Une rumeur le disait enterré avec son épouse à Saint-Mandé, toutefois les services municipaux de la ville ont réfuté cette information.
On sait toutefois que la cérémonie funèbre fut célébrée à l’église Saint-Denys du Saint Sacrement à Paris dans le troisième arrondissement.

Maximilien de Robespierre :

Maximilien Marie Isidore de Robespierre, né le 6 mai 1758 à Arras (Pas-de-Calais), mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris place de la Concorde, était un avocat et un homme politique français.
Principale figure des Montagnards sous la Convention, il incarna la « tendance démocratique » de la Révolution française.
Il demeure l’un des personnages les plus controversés de cette période, surnommé « l’Incorruptible » par ses partisans, « la chandelle d’Arras » par Rivarol, l’un de ses adversaires, et qualifié de « tyran » ou de « dictateur sanguinaire » par ses ennemis pendant la Terreur et après Thermidor.

Enfance et formation.
Après la mort de leur mère, les deux filles furent recueillies par leurs tantes paternelles, les garçons par leur grand-père maternel, Jacques Carraut.
Maximilien entra, en 1765, au collège d’Arras (qui n’appartenait pas encore aux Oratoriens).
Charlotte, dans ses Mémoires, affirme que Maximilien était devenu grave et sérieux.
En 1769, grâce à l’intervention du chanoine Aymé auprès de l’évêque d’Arras, il obtint une bourse de 450 livres annuelles de l’abbaye de Saint-Vaast et entra au collège Louis-le-Grand, à Paris.
Reçu bachelier en droit de la Faculté de Paris le 31 juillet 1780, il obtint son diplôme de licence le 15 mai 1781 et s’inscrivit sur le registre des avocats du Parlement de Paris deux semaines après.
Le 19 juillet, sur rapport du principal du collège, une récompense de 600 livres lui fut octroyée.

Un jeune avocat de province.
Installé dans une petite maison de la rue Saumon avec sa sœur Charlotte, Maximilien s’inscrivit le 8 novembre 1781 au Conseil provincial d’Artois, comme son père et son grand-père paternel, et commença à plaider le 16 janvier 1782.
Le 9 mars 1782, il fut nommé par l’évêque, Monseigneur de Conzié, juge au Tribunal épiscopal.

Carrière politique.
Imprégné des idées idéalistes des philoso-phes du XVIIIe siècle, notamment de Rousseau, il participa à la vie politique dans sa province à la veille de la Révolution, faisant paraître un mémoire intitulé À la Nation artésienne, sur la nécessité de réformer les États d’Artois.
Puis, appuyé par sa famille et ses amis, il se porta candidat à la représentation du Tiers-État aux États généraux ; la corporation des savetiers mineurs, la plus pauvre mais la plus nombreuse, lui confia la rédaction de leur cahier de doléances le 25 mars 1789.

De novembre 1790 à septembre 1791, il joua un rôle de premier plan dans les débats sur l’organisation des gardes nationales.
Il participa à l’élaboration de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ainsi qu’à la première constitution française en 1791.

La chute.
Souvent malade (il était dépressif) et absent des réunions du Comité de salut public, Robespierre inquiéta ses collègues de la Convention, aussi bien les plus radicaux comme Fouché et Barras, envoyés en mission rappelés à Paris, que ceux du Marais, après l’instauration de la Grande Terreur (Loi de Prairial – 10 juin 1794) jugée inutile après l’éclatante victoire de Fleurus, le 26 juin 1794.
Le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre est empêché de s’exprimer à la Convention et est invectivé de toutes parts quand un certain Louchet demande le décret d’accusation contre lui.
La proposition est votée à main levée et Robespierre arrêté en compagnie de Saint-Just et de Couthon.
Toutefois aucune prison n’accepte d’enfermer les prisonniers qui se retrouvent libres à l’Hôtel de Ville de Paris.
La Commune de Paris fait sonner le tocsin et s’apprête à l’insurrection mais Robespierre tergiverse à donner l’ordre du soulèvement.
Affolés, les députés votent la mise hors-la-loi de celui-ci, ce qui équivaut à une mort sans procès.

L’exécution.
Le lendemain après-midi, les prisonniers sont conduits au Tribunal révolutionnaire où Fouquier-Tinville fait constater l’identité des accusés qui, mis hors-la-loi, ne bénéficient pas de défense.
Ainsi Robespierre est condamné sans procès et guillotiné l’après-midi même du 10 thermidor, sous les acclamations de la foule, en compagnie de vingt et un de ses amis politiques dont Saint-Just et Couthon.
Les vingt-deux têtes sont placées dans un coffre en bois, et les troncs rassemblés sur une charrette.
On jettera le tout dans une fosse commune du cimetière des Errancis et l’on répandra de la chaux afin que le corps du « tyran » Robespierre ne laisse aucune trace.
Le lendemain, 80 partisans de Robespierre furent également guillotinés.
En 1840, des partisans de Robespierre fouillèrent le sol du cimetière des Errancis, alors fermé depuis une trentaine d’années, sans découvrir aucun corps.

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