Les chateaux du pas de calais !

Château de Tilques :

Elevé sur une motte artificielle au milieu d’un paysage rigoureusement plat, le château d’Ecou donne l’aspect d’un îlot fortifié émergeant de vastes herbages coupés de canaux et ponctués d’étangs à hérons.

La terrasse aménagée sur les substructions de l’ancienne forteresse médiévale jouit de ce fait d’une vue très étendue, depuis les collines de l’Artois et le profil des tours de St Omer, jusqu’au buttes de Watten et des monts de Flandre.

La famille de « Ekoud » possédait dès le XIIIè siècle un château en cet endroit.

Remanié au XVème, il était en 1595 à Adrien de Croix, seigneur de Wasquehal, celui-ci raconte la chronique de hendricq, se fiant en ses profonds et larges « fossez et hauteurs de rempars », y fut surpris de nuit par les Français de la garnison d’Ardres.

Au milieu du XVIIIè, le château est vendu à André de martigny, il passe par alliance à Guislain d’Herbais, puis à la famille Taffin de Tilques, qui le garde près de deux siècles.

La motte arasée ne porte plus alors qu’un corps de bâtiment de forme irrégulière, avec l’entrée primitive sous voûte précédée d’un pont-levis.

On y ajoute à l’époque romantique une grande aile d’habitation perpendiculaire.

Enfin vers 1900, Agénor Taffin de Tilques dote l’ensemble de « défenses » variées, tours, tourelles, échauguettes, grilles et murs crénelés.

Château de Verchin :

Un dessin de 1822 indique les dispositions primitive du château.

Au centre, le corps de logis principal, élevé vers 1760, simple en profondeur, présente une ordonnance analogue à celle de Willeman, avec des façades uniformes en brique avec bandeaux de pierre.

Un toit à la Mansart remplace cependant ici les hauts combles habituels.

Dans l’alignement sur la gauche, un bâtiment bas plus ancien, construit en assises alternées de briques et de pierres et surmonté d’un grand toit d’ardoise.

Vers 1825, Philippe de Wandomme de Monthurel fit modifier la toiture de l’aile la plus ancienne et édifier son symétrique à droite du corps principal.

En 1869, son filleul Frédéric que Wailly fit remplacer cette aile droite par un grand pavillon double couvert de hauts toits à la française, dont le symétrique était prévu à gauche.

En 1953 enfin, l’aile en retour a été restaurée en façade par M de Wailly de Wandonne.

Les travaux du second empire s’accompagnèrent de la création du parc paysager, aménagé après détournement de la route qui passait près du château.

Château de Villers-Chatel :

Une gouache des albums du Duc de Croÿ illustre ce qu’était encore vers 1600 la forteresse de Villers, avec ses cinq tours cylindriques dominées par un énorme donjon rectangulaire.

Dans sa relation du siège d’Arras de 1414, le chroniqueur Monstrelet insistait déjà sur l’importance militaire de la place.

En ce seigneur de Gournai, on reconnaît Colard de Habarcq, dont la famille a possédé Villers jusqu’au milieu du XVIè, avec Philippe de Habarcq, chambellan du roi en 1482, et son fils Pierre de Habarcq, gouverneur d’Artois, capitaine de la garde de l’empereur Charles Quint.

La région est alors au coeur des combats, et, au cours de la seule année 1537, Villers est ravagée trois fois, tant par les français que par les impériaux.

Dans les deux siècles suivants, le château passe de famille en famille par le jeu des alliances

En 1747, il est vendu à Nicolas mazel de Leval, trésorier des guerres en Artois, qui le fait détruire à l’exception d’une tour, et remplacer par une nouvelle demeure dont il reste un corps de logis.

A nouveau vendu à le fin du XVIIIè, il passe entre plusieurs mains avant d’être acquis en 1860 par Victor de Florimond.

Le château réunit en une pittoresque composition des éléments très disparates.
Une tour ronde à mâchicoulis élevée au XIVème sur des bases en grès plus anciennes, seul témoin de la forteresse primitive, qui a conservé une cheminées aux armes de lens (XVIème).

Un corps de logis du troisième quart du XVIIIème.

La galerie, la tour carrée et une aile plus basse, construites en 1885 dans le goût médiéval sur les plans du baron Béthune, beau frère de Maurice de Florimond.

Château de Wamin :

Importante construction d’apsect très classique, le château dissimule derrière l’apparente homogénéité de ses façades les apports successifs de plusieurs campagnes de travaux.

Le point de départ est constitué par les deux pavillons qui encadrent la façade nord.

Elevés au milieu du XVIIème, ils furent à la fin du siècle doublés vers le sud, et reliés par un corps de logis simple en profondeur.

Au milieu du XVIIIème, on aggrandit les pièces de receptions en rejetant les escaliers dans deux ailes basses qui vinrent s’appuyer aux pavillons.

Construit en brique avec chaînes d’angles, encadrement des fenêtres et bandeaux en pierre, le château est coiffé de ahuts toits à noues.

La grille qui ferme la cour d’honneur relie deux pavillons d’entrées carrés disposés à 45° et coiffés de pittoresques toitures brisées en forme de cloche.
Les dépendances en pierre sont datées de 1782.

L’ensemble de ces constructions a été élevé par la famille de Fléchin, qui posséda la terre de wamin à partir de 1409, date à laquelle Marie de Créqui l’apporta en mariage à Guilbert de Fléchin.

Le château est probablement l’oeuvre de François de Fléchin, en faveur de qui la terre de Wamin fut érigée en marquisat en 1693.

Saisi et vendu en 1795, mais racheté sous le consulat par les filles du marquis de Fléchin, le château fut à nouveau vendu en 1811, et acquis par M. bernard lefevre de Gouy pour son fils Charles.

A l’exeption du grand salon, remanié sous la restauration, l’intérieur a conservé le caractère qu’il avait au XVIIIème.

Au rez-de-chaussée, une pièce voûtée servait de chartier.
A l’étage, certaines chambres ornées de boiseries, au monogramme de la famille de Fléchin, ont gardé la disposition originale de leur alcôve avec chambre de service.

Dans le parc dessiné à l’anglaise a été recemment remonté un curieux kiosque en bois.

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