Audresselles

Sur la côte d’Opale, entre le Cap Gris-nez et Boulogne, Audresselles a su repousser es assauts du tourisme
Les maisons de pêcheurs ont été préservées, tout comme une très vieille ferme du XVIIème siècle près de la mairie et la tour carrée (XIIème) de l’église.
Mais, du moulin à eau, près d’un petit ruisseau qui finit dans la mer, il ne reste que les fondations.
Avec ses attributs, ce village de pêcheurs reste l’un des plus originaux.
On y pratique toujours la pêche aux flobarts.

Ces bateaux aux flancs pansus qui peuvent se gonfler de poissons comme la gorge d’un pélican sont devenus rares.
Ils peuvent pourtant supporter 2 tonnes de poissons et gardent la particularité d’être des embarcations sans ponton.
Quand le temps le permet, les marins tirent avec leurs tracteurs ces gros bateaux sans quille jusqu’à la plage de sable.
Il faut au retour ramener la barque à la maison, en faisant un détour par la place du village pour soulager les bateau de son chargement de carrelets, soles, crabes, homards, vendus encore frétillants.

Audresselles est une commune française, située dans le département du Pas-de-Calais au sud du cap Gris-Nez.

Plages et rochers :

Audresselles comporte deux plages principales séparées par un cap dit « la côte de fer » en raison de sa couleur, avec des lignes de rochers en grès:
la plage du sud s’étendant jusqu’à Ambleteuse, c’est le principal lieu de baignade, et la plage nord, qui s’étend vers le gris-nez et longe une falaise restée sauvage.

Histoire d’Audresselles :

Entre 1558, fin de l’occupation anglaise, et le milieu du XVIIe siècle, la seigneurie d’Audresselles comportait aussi le hameau d’Haringzelle où se trouve actuellement un bois cachant des batteries allemandes d’Audinghen.
Elle appartenait à la famille Acary, qui a donné quelques amiraux à la France et dont descendent la plupart des vieilles familles de pêcheurs du bourg.

Village de pêcheurs-naufrageurs millénaire, Audresselles a conservé une architecture caractéristique, avec ses longères blanches à bande de couleur en bas des murs, au centre du village, et quelques villas de la belle époque face à la mer.

Audresselles est encore habité par une famille d’artisans pêcheurs professionnels et le doris de l’un d’entre eux utilise la plage d’échouage du village.

Les flobarts traditionnels, petits drakkars tronqués, sont encore utilisés par les plaisanciers.

Armoiries :

D’or, à aigle éployée de sable (celles de la famille Acary).

Depuis 1975, un blason comportant un crabe et un flobart leur a été substitué :
d’azur à un flobart d’or, naviguant sur trois ondes d’argent, au chef d’or chargé d’un crabe de gueules.

Les fêtes du village :

La fête nationale de l’Ancien Régime, l’Assomption, le 15 août, est restée la fête du village.

Elle attire chaque année à Audresselles des milliers de fidèles et de touristes à l’occasion de la messe suivie de la procession de l’église jusqu’à la plage d’où un prêtre part en doris pour bénir la mer.

La fête du Crabe, le premier week-end du mois de juin :
Place du détroit, devant la halle où la famille de pêcheurs d’Audresselles vend crustacés, mollusques et poissons, viennent s’installer des stands des associations et des artisans locaux qui proposent leur production.

Sur un podium, un conseiller municipal à la voix puissante annonce les différents spectacles qui s’y succèdent.
C’est l’occasion pour les hommes politiques locaux, maires du village et des environs, conseillers généraux, candidats aux élections législatives, de venir rencontrer directement leurs électeurs à l’heure de la sortie de la messe dominicale.

La fête culturelle des Européens, chaque année depuis 2002, en juillet ou en août, avec la participation de musiciens et d’artistes plasticiens venus de Belgique, d’Allemagne, de Croatie, d’Italie et de Russie.

Faune :

Un choix important de glaces, de boissons fraîches pour accompagner les fameux chichis.

Plusieurs phoques veaux marins (plusieurs femelles et un grand mâle à tête noire) installés désormais à demeure dans la crique au nord du village depuis juillet 2006.
L’un d’eux s’est approché d’un pêcheur sous-marin et lui a volé les poissons accrochés à sa ceinture.

Le 10 et le 11 août 2006, deux nageuses sont « raccompagnées » par les phoques jusqu’à la plage.
Jusqu’ici, aucun accident n’a été signalé.

Lieux et monuments :

L’église Saint Jean-Baptiste, fortifiée, du XIIe siècle avec trois grands tableaux du second empire (1858), dans le style de Delacroix, « peints aux ateliers catholiques de l’abbé Migne Montrouge » (Jacques Paul Migne à Montrouge) et un petit retable du XVIIIe siècle représentant sainte Véronique Giuliani.
Le porche est du XVIIIe siècle.
Elle est l’église la plus ancienne des sept clochers de la nouvelle paroisse Notre-Dame-des-Flots.

Ce sanctuaire surélevé, d’où l’on voit le soleil se coucher dans la mer, doit son origine au désir de l’Église de lutter contre le paganisme ravivé par le passage des vikings.

Il est implanté en plein milieu des anciens lieux de culte de dieux germaniques dont les villages entourant Audresselles portent toujours le nom :
Audinghen (Odin, Wotan ou Wedne), Raventhun (le corbeau accompagnait Odin), Ambleteuse, auparavant Amel Thuys (dieu Thuys ou Tues ), Tardinghen (dieu Thar, Thor ou Thurst ), Loquinghen (dieu Loki) etc.
Encore aujourd’hui, c’est à Saint-Jean Baptiste d’Audresselles que se réunissent les catholiques de la région pour célébrer l’Assomption et commencer la procession qui s’achève par la bénédiction de la mer.

La ferme Saint Jean (XVIIe siècle) ; avec un porche, un pigeonnier et une maison d’habitation dont le blason en pierre (croix grecque) a été conservé sur la façade.

Enfin, sur la plage d’Audresselles, au nord et au sud, se trouvent encore les câbles téléphoniques sous-marin reliant la France et l’Angleterre.

Ces câbles, encore intacts et sans oxydation, ont été installés par Siemens, en 1907 et en 1911, qui en assura la maintenance jusqu’à 1914.

La légende voudrait qu’ils aient été utilisés pendant la dernière guerre mondiale entre les belligérants.
Quoi qu’il en soit, il constituent un indice selon lequel le gouvernement français, au moins jusqu’en 1911, n’envisageait pas de guerre prochaine avec l’Allemagne.

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