Les cinémas

 » Le cinéma est une invention sans avenir « , aurait affirmé, sans plaisanter, Louis Lumière. Or, depuis 1895, ce  » mort-né « , à en croire son inventeur, a surmonté les crises économiques, a su s’adapter aux évolutions technologiques d’un siècle qui en fut prodigue et s’est imposé comme un mode d’expression artistique majeur. C’est dire que le cinéma, art et industrie selon la définition d’André Malraux, a un bel avenir devant lui.

 

  1. m. Procédé permettant l’enregistrement sur une bande sensible puis la projection sur un écran d’un nombre illimité d’images photographiques dont la succession reconstitue le mouvement du sujet.

 

Le terme cinéma est l’abréviation de cinématographe (du grec kinêma, kinêmatos,  » mouvement « , et graphein,  » écrire « ), nom de marque donné par Louis Lumièreà l’appareil qu’il mit au point en 1895. Cinéma désigne par extension l’art, l’industrie et les techniques suscités par l’utilisation de l’appareil cinématographique et la réalisation des films. Plus ponctuellement, il désigne une salle spécialisée dans la projection de films. Notons que le diminutif ciné est un terme familier et populaire, tandis que cinématographe est encore utilisé comme mot commun, de façon un peu précieuse, pour désigner l’art du film sous son aspect le plus exigeant et le plus noble.

 

Le cinéma n’est pas sorti magiquement du chapeau de Louis Lumière un jour de l’hiver 1894-1895. En tant que spectacle d’écran, il prend ses racines dans la nuit des temps et s’inscrit dans la lignée de dispositifs variés : vaste chambre noire intégrant le spectateur dont le prototype est la caverne de Platon, théâtre d’ombres, ombres chinoises, lanterne magique…

 

Mais, si nous en restons à une dimension plus strictement technique, le cinéma se situe à l’intersection de deux grands axes de recherches développées de façon autonome au long du XIXe siècle : l’analyse du mouvement et sa synthèse.