Les différentes architectures des beffrois du Pas de calais !

Les beffrois du Pas de calais :

beffroiboulogneLa période de première construction des beffrois s’étalant du XIème au XVIIème siècles, ces édifices ont connu plusieurs courants architecturaux.
C’est pourquoi il est difficile de leur attribuer un style architectural unique.
Une typologie peut toutefois être établie à partir des grands styles architecturaux :

les beffrois de style roman
les beffrois de style gothique
les beffrois de style renaissance
les beffrois de style baroque

les beffrois :

Le phénomène de construction des beffrois débute au lendemain des raids normands qui ont marqué les IXe et Xe siècles.

Le retour à des conditions de vie moins troubles permet un redémarrage de la vie économique.
Cette prospérité s’accompagne également assez rapidement d’une véritable explosion démographique.
Les défrichements se multiplient, la population croît assez rapidement.

C’est dans ce contexte que va s’amorcer le mouvement communal dont les marchands sont les protagonistes.

En effet, les marchands commencent à s’organiser et fixent leurs entrepôts à proximité des castra des seigneurs féodaux.
La garantie de leur sécurité est une condition indispensable au développement économique aussi, ils entreprennent la construction de remparts en bois où sont érigées des tours de guet.

A partir de là, la préoccupation majeure de ces marchands est de pouvoir organiser et administrer eux-mêmes leur cité.
Ils se constituent en association (ghilde, carité, frairie ou hanse) et sollicitent des droits et privilèges auprès de leur suzerain.

Acquis sous la contrainte ou plus souvent chèrement payés, ces privilèges sont détaillés dans une charte de franchise communale.
Ce document, garant de leur autonomie administrative, judiciaire et commerciale, sera par la suite précieusement conservé.
Les bourgeois élisent des magistrats appelés échevins avec à leur tête le mayeur, ancêtre de notre maire actuel.
Les seigneurs ont tout intérêt à voir le commerce prospérer.
La renommée de l’industrie lainière et drapière entraîne des échanges commerciaux en nette croissance, marchés et foires se multiplient.
Cette situation profite aux riches communes qui peuvent acheter des privilèges et au seigneur qui touche le tonlieu, impôt prélevé pour l’étalage des marchandises sur les marchés.

Ces communes s’apparentent alors à de véritables seigneuries populaires, elles cherchent à posséder les apparences matérielles de leur nouveau statut.
L’autonomie communale n’est pas suffisante, elle se doit d’être perçue par tous à travers l’obtention d’autres privilèges.
L’autorisation de construire un beffroi permet de marquer architecturalement le paysage et les échevins vont se lancer dans la construction de tours sans cesse plus hautes afin de rivaliser le plus dignement possible avec le donjon du seigneur local ou le clocher de l’église.
Ce droit de beffroi est indépendant de l’autonomie communale, ainsi, une cité peut avoir un beffroi sans être une commune autonome et inversement.
Il en est de même pour les droits de cloche, de sceau, de halle ou encore de loi. Le droit de cloche est un privilège onéreux puisqu’il permet de s’affranchir de l’autorité féodale ou religieuse pour l’organisation de la journée.
La cloche sonne le début et la fin de la journée de travail et le couvre-feu mais surtout, elle permet de mobiliser rapidement la population en cas de danger (attaques, incendies…) ou de révolte.

Le traumatisme de la guerre :

lebeffroiarrasLes guerres vont provoquer un véritable traumatisme.
Certaines villes sont quasi-entièrement rasées, comme Dunkerque, Bailleul, ou Arras.
Le beffroi, à la fois symbole et point de repère, fut une cible privilégiée durant les guerres.
Les destructions suscitent une prise de conscience de la valeur de ce monument.

Cependant, toutes ces dégradations CarteFranceaffectant le beffroi sont rarement laissées comme telles.
En effet, chaque commune est marquée par la volonté de restaurer ou de réédifier sa tour communale, même si plusieurs décennies sont parfois indispensables pour récolter les fonds nécessaires.
En fait, à ce moment de l’histoire des villes, la mort du beffroi signifie la mort de la cité.
Lorsque le beffroi renaît de ses cendres, c’est toute la ville qui se redresse.

C’est pour cette raison que tous les actes qui accompagnent les reconstructions renforcent l’attachement et l’aspect identitaire des beffrois.
Cela signifie en quelque sorte que les blessures sont cicatrisées, le renouveau de la vie de la cité et de son agitation urbaine.

La reconstruction donne une nouvelle ampleur au sens donné à la tour.
Il accentue la pérennité de l’édifice, et avec lui, celle de la ville entière.
En général, les habitants participent financièrement placent un petit mot dans une cassette pour raconter leur émotion lors de l’installation de la girouette.