Histoire du pas de calais |
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Le grisou :
Le grisou, appelé à l'origine feu grieu, a toujours été redouté des travailleurs de la mine. Des milliers d'entre eux en ont été les victimes. C'est un gaz incolore et inodore, du méthane presque pur. Au contact de l'air, dans des proportions biend éfinies, il peut s'enflammer. Les feux follets, dans les marais, en sont un exemple.
Il provient, comme le charbon, de la décomposition des végétaux. Dans un gisement de gaz naturel, leméthane remplit les pores de la roche. Dans les pores de charbon, il se trouve en très faible quantité dans la structure interne de la houille.
Dégagement normal et spontané :
Le grisou se manifeste de différentes façons.
Par dégagement normal : l'abattage de la veine provoque des cassures au toit et au sol d'où s'échappe le grisou.
La quantité est variable. On l'estime en moyenne de 10 à 20m3 par tonne. Plus l'exploitation est intense, plus les dégaements, dans un temps donné, sont important. Ilspeuvent alors atteindre 150m3 et même davantage.
Par soufflard : le grisou sort des failles ou de cassures en émétant un sifflement.
Par dégagement instantané : le grisou fait éclater le massif de charbon et projette de grandes masses de charbon ou de roche. Les risques des dégagements augmentent à mesure que l'exploitation se fait à plus grande profondeur. Il est ene ffet reconnu que lapression et la concentration de gaz croissent dès lors que l'on s'enfonce dans le sous-sol. Les dégagements instantanés sont souvent précédés par des bruits analogues à un craquement ou à un roulement de tonneree, par des crépitements de la couche de charbon, des bouffées de gaz ou encore un émiettement de la veine en exploitation.
La prévention :
Le grisou étant plus léger que l'air, il s'accumule dans les points les plus haut de la galerie. Les excavations, les cloches sont alors comblées par des fagots ou divers matériaux.
Un aérage rationnel l'élimine en grande aprtie. la prévention, sous la forme du sondage dans le massif, offre une sécurité plus grande.
Jusqu'en 1930,on considérait que le dégagement de grisou venait de la veine exploitée et des bancs du toit et du sol. En 1943, l'ingénieur anglais, Fortsman, estima qu'il pouvait provenir des veines plus éloignées. De nombreuses observations confirmèrent son point de vue. De là, nacquit la technique du captage du grisou. Des sondes introduites dans le massif à une profondeur variant entre 20 et 60m, aspirent le gaz et ler efoule jusqu'à la surface, où il est utilisé comme combustible.
Sans le prédégazage, les chantiers à hautes performances n'auraient pu être exploités que dans des couches pauvres en grisou (moins de 10%).
Le danger de l'explosion :
L'aérage fait l'objet d'une étude stricte par le géomètre ou le technicien spécialisé. Le mélange air-méthane risque d'avoir des conséquences graves. Entre 5 et 15%, le grisou explose au contact d'une flamme ou d'une étincelle. Et c'est la catastrophe. Toutefois, le principal responsable de l'ampleur d'un sinistre n'est pas le grisou, mais la poussière de charbon. La preuve en a été apportée par la en 1906.
La poussière, voilà l'ennemi :
Quand elle est très fine, comme celle qui paraît dans un rayon de lumière, cette poussière soulevée en nuage se comporte comme un explosif. Ses effets sont terrifiants. La pression développée renverse le soutènement provoquant des éboulements. Les trains de berlines sont culbutés. La chaleur dégagée par cette langue de feu calcine un corps humain et le ratatine au point de rendre impossible son identification.
L'oxyde de carbone foudroie la plupart des survivants.
Le danger a été crée par l'usage des engins d'abattage, dont le marteau-piqueur, premier apparu, par l'intensification de la production et par l'augementation des volumes d'air distribués dans les galeries. Autrefois, l'abattage au pic produisait de grosses poussières inoffensives parce que trop lourdes.
Le Pas de calais plus sensible aux catastrophes :
Le relevé des accidents collectifs en témoigne. Le grisou et les poussières ont provoqués beaucoup plus de catastrophe dans le Pas de calais que dans le Nord (16 contre 1, de 1900 à 1990).
la cause principale tient aux caractéristiques du charbon. Dans le Pas de calais, le gisement est constitué, pour l'essentiel, de charbons gras et demi-gras contenant du goudron, du méthane, matières volatiles très inflammables. Ce lui du Nord est plus riche en charbons maigres, anthraciteux. Les risques de "coup de poussier" sont donc moindres.
L'exploitation du grisou :
Le gaz méthane se trouvant à l'état naturel dans le charbon, il était beaucoup plus aisé de la capter à partir de la surface. Avant même la fermeture des puits, les houilères avaient installé des stations pour recueillir le grisou que des sondes absorbaient dans les massifs de charbon. Le gaz traité, servait de combustible aux centrales électriques et aux cokeries.
En 1976, à la Naville et en 1979 à Bruay en Artois, les houillères décidèrent d'extraire, par sondages, le grisou enfermé dans de vieux travaux, à partir de la surface, après fermeture des fosses.
En 1988, un groupement d'intérêt économique, issu de l'association Houillères, gaz de France,Méthamine, a été crée pour exploiter le gisement naturel du secteur Lens-Liévin, au 7 bis d'Avion, évalué à 7 milliards de m3.
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