Histoire du pas de calais |
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Le lexique des marins boulonnais El langage des zens dé l'Burîère a beaucoup de points de contact avec le patois boullenois.
1° Par la suppression des liquides l et r dans les suffixes quand elles se trouvent après une consonne.
2° Par la transposition de l'r pour former des sons pleins, ar ou er au lieu de ra et de re et de L dans
l'article le.
3° En se prononce in comme dans ennemi.
4° L'i s'ajoute pour faire in au lieu de eu et iaii au lieu de eau.
5° Le t s'ajoute pour accentuer les troisièmes personnes pluriels des verbes : aimtent, danstent, aimoittent,
dansettent.
6° Le son de oi se substitue à celui de ai, etc.
Ce qui diffère le langage ed nos zens, c'est le zurement obtenu par la suppression de l'h dans les mots,
l'emploi du c cédille et celui du z au lieu du g du j et de 1'.s doux.
Sauf Wissant, le quartier maritime de Boulogne comprend tous les ports de l'ancienne province du
Boulonnais:
Audresselles, Ambleteuse, Le Portel, Equihen et Etaples fournissent donc, avec notre port,
l'appoint ordinaire d'un équipage.
On a remarque qu'autrefois la Liane était la limite
entre deux familles distinctes de marins.
En-deçà, les
gens de Wimereux, d'Ambleteuse et d' Audresselles,
paysans-matelots, cultivent la terre dans l'intervalle
des voyages à la mer, et leur conformation physique
les rattache à la race indigène des villages, tandis que
les pêcheurs de Boulogne, fixés primitivement à
Châtillon, ceux du Portel, d'Equihen et d'Etaples
semblent appartenir à une race méridionale.
Quoi qu'il en soit, il est incontestable qu'il y a entre
les divers ports du quartier, selon qu'ils sont en-deçà
ou au-delà de la Liane, des différences sensibles de
caractère et d'habitudes.
Glossaire du langage de l'burière :
A : Comme le paysan boullenois, le marin a une
forte tendance à donner le son d'à aux mots commençant
en e.
Abattée, Deux bateaux marchant l'un vers
l'autre font une abattée en changeant de direction.
Abe. Suflixe, pour able et abre : cabe, aimabe,
sabe, etc., etc.
Abecquer Amorcer de nouveau.
A bord ! Cri d'appel aux marins d'un équipage,
lorsqu'ils sont à terre, pour qu'ils se rendent au
bateau prêt à partir.
Accastillage, Arrangement des parties hautes d'un bateau. (Gaillards d'un vaisseau.)
Accrues, Fausses mailles de filets.
Ace. Suffixe et préfixe, pour ache : moustace,
tace, vace, hâce, etc., aceter.
Acorceu, Tablier. A r' place s' n' acorceit, tésayes, qu' ça fait comme eine poce et ça li sert pour voler des pissons.
Acourcôî, Diminuer, accourcir,
Acoute ein peuwe ! écoute un moment. — Locution
fréquente : Pal' on Zacquot, acoute ein peuwe !
Acq ou acquie, Amorce.
Ade. Suffixe, pour adre : cade, escade, etc.
Admirer. Ce verbe prend un sens spécial dans la
bouche de nos marins : il exprime un étonnement profond :
ex : Vu qu' nos p' tits fius et p' tites filles egu' z' admire.
Adoucer, Adoucir. Par contraste, on verra égayer devenir égayir, etc.
Affalée (Faire eine). Lorsque des pêcheurs n'ont pu rentrer à temps pour vendre les maquereaux, ils les dépècent et se servent de la peau comme acq pour prendre dés congres : cela s'appelle faire eine affaléye.
Affaler en vraque ou affaler à bord. Sauter du quai dans le bateau. — Affaler a, en général, le sens d'aller : affale sus c' quaye, dit un marin à un camarade qui est dans le bateau.
Afflizé, Estropié.
Agace. Agache, pie ou cor aux pieds.
Aguesser.- Agacer, dans un sens favorable.
On aguesse un enfant pour le faire rire. L'autre sens s'emploie aussi, mais plus rarement.
Aguzoire, Affitoire
Aïance. Alliance, bague.
Aiguë. Suffixe, pour aigre : vinaigue, maîgue.
Aile (Faire 1'). Se tenir à l'écart.
Ainet, Bâton sur lequel on enfile les harengs
pour les faire saurir.
Ains, Hameçons, comme le vieux français.
Ain-ye. Suffixe phonétique, pour ain.
Afin de
rendre la prononciation de main, train, bain, etc., il faut
écrire ces mots : main-ye, train-ye, etc. Cette remarque
peut s'appliquer à tout le patois boullenois.
Aite. Suffixe, pour aitre : maite, traite, naite, paraîte.
Ai-ye, pour ai : balai-ye, brai-ye, etc.
Al pour ail : détal, traval et aie pour aille : faut
qu' z' ale, batale, pécale, etc.
Alarzir. Elargir, changement de l'e en a.
A l' côte (Eté). Etre ruiné.
Al ou aile pour elle. pron. Changement del'e en a.
Aller à dorlots, loc. Aller chez un orfèvre acheter
les bagues, boucles d'oreilles, etc., lorsqu'on va se marier.
Aller au pain, loc. ~ Mendier.
Aller dehors, loc. Sortir du port.
Alouans, Alouons ou haloin, Sorte de moufle ou gants sans doigts que les marins mettent pour travailler.
Aloze, Sablier placé sur le pont, dont le sable
en s'écoulant marque le temps des quarts ou heures
de service actif à bord.
Amarette, Petite armoire. Les marins disent
amaire et ormoire pour armoire, comme les paysans.
Ambe et embe. Suffixe, pour amble, ambre et
embre : Membe, décembe, etc.
Ambitionneiux, Ambitionneuse, adj. Ambitieux et ambitieuse.
Amets, Amers. Avoir des amets ou des points
de repère sur terre, tels que maisons, moulins, églises,
que l'on remarque en plaçant les cordes en mer, afin de
les retrouver.
Les amets sers'ent aussi pour s'orienter.
Amiral du hable. Celui qui a gagné le plus dans la
harengaison.
Il est curieux de voir le vieux mot hable, port, subsister dans le langage des marins.
Ance. Suffixe, pour anche : blance, démence, mance. etc.
Ande et ende. Suffixe, pour andre et endre, répande, tende, fende.
Angouce. Douleur subite.
Anze pour ange : étranze, m élanze, etc.
Aploit, Un certain nombre de filets réunis,
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