Les librairies

La librairie et la diffusion distribution

Lieu de rencontre de lecteurs avec des auteurs, la librairie est un espace de vente. En son sein se déroule l’étape finale de la chaîne du livre, qui va de l’édition à la commercialisation en passant par la diffusion et la distribution. Le libraire, commerçant avisé et fin lecteur, témoigne de cette double vocation aujourd’hui menacée par la logique exclusivement économique des grosses centrales d’achats.

 

L’histoire de la librairie

 

Les librairies existaient déjà dans le monde grec, au IVe siècle av. J.-C., comme un endroit où se retrouvaient les « lettrés ». Jusqu’au XV e siècle, le métier de libraire consistait essentiellement à recopier des textes, à les stocker et à les échanger. L’invention de l’imprimerie par Gutenberg, en 1440, a tout bouleversé et a donné l’impulsion au commerce du livre. Au moyen de presses mécaniques, les ouvrages pouvaient être dupliqués et vendus en de nombreux exemplaires. Leur commerce, en France, était alors très surveillé, à la fois par l’Église, pour le contenu, et par le roi, pour la vente. Ce contrôle a été supprimé durant la Révolution, au nom de la liberté d’expression. Mais jusqu’à la troisième République, la censure a continué d’exister et de fluctuer au gré des régimes politiques.

 

De nos jours, il existe dans l’Hexagone, plus de 25 000 points de vente de livres, parmi lesquels on distingue : les librairies indépendantes, les hypermarchés et les magasins multimédia (tels la FNAC ou Virgin). Pour ne pas léser les petites librairies et pour réguler le commerce du livre, la loi Lang (1982), obligeant à un « prix unique » du livre, a été mise en place. Le prix de chaque ouvrage est alors fixé par l’éditeur sans que le vendeur de livres puisse le modifier. Seuls les clubs de livres, comme France Loisirs, ont le droit de faire des réductions, 9 mois après la date du dépôt légal.

 

Le fonctionnement interne d’une librairie

 

Le métier de libraire consiste à acheter des livres à l’éditeur à un prix plus bas que le prix de vente, et de les revendre ensuite aux clients au prix de vente établi par l’éditeur. Le salaire du libraire est constitué à partir de cette différence, qu’on appelle la « remise », et qui est négociée entre l’éditeur et le libraire. Le libraire ne touche ce salaire que si les livres sont vendus.

 

Pour être sûr de répondre aux demandes du client, le libraire doit avoir en rayon une quantité importante d’ouvrages disponibles. Il se constitue un « stock »; c’est-à-dire qu’il achète par avance un certain nombre de livres qu’il pense pouvoir vendre et renouvelle sans cesse ceux qu’il vend régulièrement, les “classiques”. Ce stock est coûteux parce qu’il nécessite de l’espace mais plus la librairie est grande, mieux elle peut mettre en valeur les livres sur les rayons.

 

Le livre est un produit difficile à vendre car les succès ne sont jamais prévisibles. Aussi, la gestion du stock d’une librairie demande-t-elle d’être à la fois un bon commerçant et un fin lecteur.

 

La diffusion et la distribution

 

Tous les échanges entre l’éditeur et le libraire sont réalisés par des intermédiaires : le diffuseur et le distributeur.

 

Le rôle du diffuseur est de faire connaître au libraire les livres nouvellement édités pour qu’il les conseille à son tour aux lecteurs. Le personnage clef de la diffusion est le « représentant » qui va de librairie en librairie pour faire connaître les nouveautés d’une maison d’édition.

 

Le travail du distributeur concerne l’aspect pratique des échanges entre l’éditeur et le libraire. Il consiste à recevoir les commandes des libraires, à leur expédier les livres et à gérer la comptabilité. Chaque distributeur travaille pour le compte de plusieurs éditeurs, quand l’éditeur n’assure pas lui-même sa distribution.

 

Les problèmes rencontrés

 

Une difficulté importante à laquelle est confronté le monde de la librairie est l’augmentation des grosses centrales d’achat. La hausse de ce type de points de vente engendre une disparition progressive des librairies indépendantes. Cette situation a pour conséquence néfaste d’homogénéiser l’offre, seules les petites librairies prenant le risque de mettre en valeur des livres qui ne suivent pas les modes.

 

Ce qui rend également le travail des libraires difficile, c’est le nombre grandissant de nouveautés. La surenchère perpétuelle entre les éditeurs fait que les libraires ont du mal à faire leur choix et à conseiller convenablement les lecteurs. Le surplus d’ouvrages trouvés sur le marché est d’autant plus problématique que la consommation du livre est en baisse, le nombre d’acheteurs diminuant, en raison de la concurrence du livre par des médias comme la télévision, le cinéma, ou Internet.

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