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Forgerons guérisseurs du Pas de Calais.

En étudiant le culte de St Eloi en Artois, il fut signalé une curieuse partique qui était encore vivante quelques années avant la grande guerre dans un village.

Un forgeron de l'endroit passait pour guérir les enfants atteints du "carreau" (La maladie du carreau, aussi appelée le carreau, est la dénomination populaire de certaines maladies abdominales infantiles où le ventre est gros et dur (entre autres, probablement une infection des ganglions mésentériques).

Quand on lui amenait un petit malade, il le plaçait nu sur son enclume, et faisait le simulacre de le frapper trois fois sur le ventre avec son marteau, tout en récitant "des prières secrètes".

Le guérisseur devait, disait-il, être à jeun, de même que les personnes qui amenaient l'enfant.
Après l'opération, il prescrivait pour celui-ci un régime alimentaire et recommandait aux parents de faire une neuvaine.

Il se nommait Léon Lennecier, mais, dans le pays, on le désignait sous le nom de Christophe; personne ne sait plus pourquoi.

Les gens du village ne le prenait pas au sérieux paraît-il.
Mais, de tous les villages voisins, on venait le trouver avec confiance, et, à certains jours, c'était une véritable procession de cabriolets et d'autres voitures campagnardes qui se dirigaient vers sa forge.
Il recevait de préférence le vendredi, et, soi-disant, était toujours à jeun lorsqu'il opérait.

Ses voisins, cependant, le soupçonnait d'avoir déjà, bu quelques petits verres.
Il couchait l'enfant sur son enclume, puis, tout en récitant à voix basse des prières mystérieuses, il faisait, avec son gros marteau de forge, le signe de la croix sur le ventre du petit malade.

Ensuite, par trois fois, il levait le marteau en faisant le geste de frapper l'enfant sur le ventre, mais sans le toucher.

Enfin venaient les recommandations relatives au régime à suivre (diètes, panades) et à la neuvaine de prière.
Pour le remercier, on lui donnait quelque argent.

Léon Mennecier est mort et personne n'as prit sa succession dans le village de sorte que la pluaprt des personnes qui en parlaient encore étaient des enfants lorsqu'elles l'ont connu, ou même ne font que rapporter les souvenirs d'une autre génération.

Aussi est-il assez difficile d'arriver à des précisions, quant à l'interprétation données par les contemporains de son pouvoir de guérisseur.

Mlle Gervais, institutrice en retraite originaire de la région, connaissait des personnes qui disaient avoir été guéries du "carreau" dans leur enfance, par ce forgeron, dont on attribuait le pouvoir à l'intervention de St Eloi.

Mlle Gervais a bien voulu profiter d'un séjour dans la région pour faire une enquête plus précises sur le forgeron guérisseur.

Mlle gervais l'a entendu, l'a entendu, dans son enfance attribuer à St Eloi, patron des forgerons, à qui la tradition prête de nombreux miracles et notamment la guérison de certaines maladies du ventre.

Aujourd'huy, même les quelques personnes qui se souviennent d'avoir été portées sur l'enclume de "Christophe" sont incapables de formuler de façon précise la croyance jadis attachée à cette pratique.
D'une façon générale, elles ne voient plus en "Christophe" qu'un charlatan, et sourient de la crédulité des gensd 'autrefois.
On prétend même, que le secret de Mennecier, transmis de père en fils, était pure invention de sa part.
Il se serait établi lui même guérisseur, pour gagner de l'argent aux dépens des naïfs.

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