Calonne-Ricouart :
Calonne-Ricouart sur la Clarence, et près de la chausée Brunehaut.
De callis, chaussée.
Le surnom de Ricouart est l'altération de Richard, qu portèrent plusieurs de ses anciens seigneurs avant 1269.
Le château est un vaste édifice moderne.
Cette terre, qui donnait à son seigneur, le titre de Comte, appartenait en 1789, à M. de Bernard, qui possédait aussi le domaine de Divion.
Entre Calonne et Camblain-chatelain, la chaussée brunehaut est coupée par la Clarence.
On traverse cette rivière sur une planche de plus de 20 pieds de longueur.
les accidents arrivés sur ce pont dangereux, l'ont fait surnommer "la planche du diable".
Car c'est le malin, dit la tradition, qui, pour faire pièce aux ivrognes et aux jeunes imprudents, a jeté sur le ruisseau cette longue et étroite passerelle.
Or, il faut savoir qu'autrefois, le diable affectionnait particulièrement le canton d'Houdain, et qu'il y a joué bien des tours de son métier.
C'est lui, qui certaine nuit étant de loisir, voire même peut être en goguette, s'amusait à rouler dans les rues solitaires de Gauchin-le-gal, et à pousser bruyammentn contre les huis des habitations, cet énorme galet que les fortes têtes de l'endroit, firent enchaîner à une borne, ne varietur.
C'est lui qui donnait dans les salles désertes du donjon d'Hollehain, ces scènes de fantasmagories qui causaient tant d'effrois dans les contrés, alors que le fameux Grand-Guillaume, occupait les environs du vieux manoir avec sa bande de mauvais garçons.
Mais la meilleure pièce du sac, est sans contredit, la construction de l'église d'Houdain.
Or oyez de vos deux oreilles : Le lieu saint tombait de vétusté, naturellement, on pensa à le reconstruir au pied de la montagne.
Des matériaux furent rassemblés, des fondements creusés.
Mais brrr... ce n'était pas le compte du malin, que fit'il?
A plusieurs reprise, et d'un tour de main, il transporta les pierres au sommet de la côte.
Il fallu bien céder.
Son but était tout simplement de confisquer à son profit, les âmes des vieillards, infirmes et souffreteux, qui ne pourraient pas gravir un escarpement de 160 marches pour aller entendre la parole sainte.
Les traditions populaires ne se bornent pas à lui faire honneur de ces minces exploits, els grands et anciens travaux, dont la hardiesse étonne le vulgaire, on les attribue à sa majesté infernale.
C'est sa puissante main, par exemple, qui a tracé par monts et par vaux, ces voies romaines qui traversent le pays.
Il y a même telle de ces chaussées, qui ne fut pour lui que l'ouvrage d'une nuit.
Camblain-chatelain :
Camblinium, Camblin, sur la Clarence.
De Cambella, chambre, logis.
Ce village, qui doit son surnom à l'habitation qu'y possédaient les châtelains de Lens, vers la fin du XIème siècle, fut brûlé par les normands en 882, l'église détruite, et les reliques de St Quirin dispersées.
Quand les incursions des barbares cessèrent de désoler la contrée, les restes du martyr furent retrouvés dans une fontaine qui, selon de pieuses croyances, a reçu de ce dépot la vertue de guérir diverses maladies.
Cette fontaine et la chapelle de St Quirin sont encore le but de nombreux pélerinages.
On remarque sur le territoire le site connu sous le nom de épelouse des fées".
L'autel de Camblain fut accordé à l'église d'arras, par le pape Eugène III en 1152.
Le domaine relevait à cette époque du comte de saint Pol.
Dès le XIVè siècle, Camblain était baillage-échevinage.
Ses coutumes furent rédigées en 1507.
Le château aux formes bizarres, dont naguère, on voyait encore les tourelles, était un petit monument d'architecture sarrasine à la construction duquel s'attache une légende.
Un sire Gozon de Camblain, partant pour la croisade, avait laissé sa femme, jeune et belle, inconsolable de son départ.
le bon sire fut fait prisonnier, son absence se prolongea, et la chronique assure que sa dame finit par trouver des consolations dans les entretiens d'un page favori.
Après plusieurs années, le hasard voulu que Gozon rendît quelques services au soudan d'Egypte, qui consentit à le relacher sur parole.
Il arrive chez lui déguisé en mendiant, et le sénéchal, qui le méconnut, ne le reçut qu'avec peine.
Le châtelain soupçonant la fidélité de son épouse, se rend de suite à son appartement, et la trouve en tête-à-tête avec son page.
Sa raison se troubla, il se crut turc, et fit reconstruire son château dans le style moresque, avec des minarets, des croissants et des turbans.
Dieudonné de gozon, surnommé le vainqueur du dragon, grand maître de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, mort en décembre 1353, était un des descendants du sire Gozon de camblain.
Le dernier seigneur de ce domaine, fut le marquis de Vignacourt.