Histoire du pas de calais |
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Chartreuses du Mont-Sainte-Marie :
Thierry avait eu l'intention de fonder une chartreuse de femmes à côté du monstère du val-Saint-Esprit.
Mais la mort ne lui laissa pas le temps de pourvoir à cette fondation, ni même, comme nous l'avons vu, de parfaire celle de la Chartreuse d'hommes.
La comtesse mahaud, son exécutrice testamentaire, suivant ses intentions généreuses, déclara dans un acte qui suivit de près la mort de l'évêque d'Arras, que les maisons et biens immeubles que l'évêque possédait à Paris et à Arras seraient vendus, et que le prix en serait consacré à compléter la dotation des maisons religieuses de Gosnay.
Elle attribua aux chartreuses des terres sises à Allouagne, à Beuvry, à Souchez, à pascau, à Hersin, en leur concédant la basse justice sur ces terres, et en ne retenant que la haute justice et l'élection des échevins. Elle leur accorda en outre la permission d'acquérir dans le comté d'Artois, par vente, donation ou autrement, cent livrées de terres en fiefs, censives, ou arrière-fiefs, et les amortit d'avance.
Mahaut ne vécut pas assez longtemps pour réaliser complètement ses projets; il semble que pendant la plus grande partie du XIVè siècle, le couvent du Mont Sainte-Marie n'ait eu qu'une existence précaire. Cependant, dès 1346, il envoyait à Bruges sous la conduite d'Elisabeth Bradenherk, une colonie chargée de fonder une communauté, soeur de celle de Gosnay.
Marguerite, comtesse de Flandre et d'Artois, assura par ses libéralités l'existence du couvent. Dès 1367, des lettres du vicaire et de la prieure du Mont-Sainte-Marie l'associèrent à toutes les bonnes oeuvres de la maison; a communauté s'engageait à célébrer une messe de requiem après la mort de la comtesse, avec le plein office, et à faire dire la messe pour le repos de son âme pendant un an.
Au mois de février 1373, Margueritte, considérant que les chartreuses établies à Gosnay par ses prédécesseurs n'étaient pas suffisamment dotées, et qu'il leur faudrait quitter ce bien si elles n'étaient mieux pourvues, leur assigna une rente de quarante livres parisis sur la recette de Béthune.
En 1379, elle accorde à ses bien-aimées filles, les religieuses de Gosnay, comme elle les appele dans quelques actes, le fief confisqué sur Jean Balin, sis à Aubin, sous la réserve des rentes et du relief dûs à l'abbaye de Saint-Saulve de Montreuil.
En 1581, elle leur permet d'acquérir une rente sur une maison de la rue des Becqueriaux à Béthune, et en amortissant cette acquisition, elle exprime la satisfaction qu'elle éprouvait de la dévotion des religieuses, et stipule qu'elle et ses descendants participeront à leurs prières.
Nous voyons d'ailleurs que, dès le commencement du XVème siècle, les Chartreuses avaient à Béthune une maison sise dans la rue des Carmes, et une autre dans la rue du Moulin-du-castel. Ces maisons étaient sans doute destinées à leur servir de refuge en cas de guerre.
En 1388, elles acquirent quarante messures de bois à la Pugnoy.
Sous les ducs de Bourgogne, elles continuèrent à jouir de laprotection que les souverains du pays leur avait accordée précedemment.
Jean sans peur leur amortit des terres sises à Bruay. En 1446, elles obtinrent de Philippe le Bon l'amortissement d'un fief nommé le fief des Près, sis au terroir de Gosnay, qu'elles avaient acquis.
Au mois de juillet 1472, Charles le Téméraire les autorisa à acquérir une redevance annuelle de vingt muids de grain.
En 1469, les religieuses avaient acheté pour leur refuge une maison sise à Béthune dans la rue des fers, et plusieurs quartiers de terre autour de cette maison, afin que "les habitants-ès-édifices desdis quartiers n'eussent vue sur elles en la dicte maison, qui serait conter l'institut et ordonnance de leur religion, par laquelle elles sont et doivent être forcloses du regard des hommes".
La communauté du Mont-Sainte-Marie traversa, non sans en souffrir, les périodes agitées de l'histoire de l'Artois.
Sans doute les religieuses furent souvent obligées de se retirer à Béthune. Elles furent particulièrement éprouvées pendant la guerre de la succession d'espagne. En 1708, elles furent obligées par deux fois d'abandonner Gosnay.
Au contraire en 1710, pendant le siège de Béthune par les alliés, elles restèrent dans leur monstère, où se réfugièrent les religieuses de la Pais de Béthune.
La maison ne fut as inquiétée, étant sous la protection du prince Eugène de Savoie. A cette époque, le couvent comprenait 27 religieuses de choeur, quatre converses pour le service des dames, et quatorze filles qu'ou appelait donées, qui prenaient soin des bestiaux. On voit que le personnel de la communauté était réduit de près de moitié depuis le temps deCharles le téméraire. Il y avait en outre deux ou trois religieux qui demeuraient au dehors et étaient chargés du service divin et de la direction spirituelle, et quatre frères qui s'occupaient du labourage.
En 1773, on comptait à Gosnay vingt quatre religieuses et douze soeurs.
Les droits de bénir les nouvelles religieuses appartenait à l'évêque d'Arras ou à celui qu'il déleguait en sa place. C'est ainsi qu'en décembre 1749, M. de la Motte, évêque d'Amiens, vint donner le voile noir à cinq religieuses.
Le monastère de Gosnay reçut souvent les religieuses appartenant à des familles distinguées. la communauté se montra toujours fervente et sa piété fut plusieurs fois récompensée par des miracles. Ferry de Locres, qui en fait l'éloge, rapporte qu'au mois d'août 1606, trois religieuses y furent guréries de la paralysie par l'intercession de la sainte Vierge.
A la révolution, les religieuses de Gosnay durent quitter la demeure qui, depuis près de cinq siècles, appartenait à leur ordre. Presque toute s'exilèrent; le prieure, Françoise-Marguerit de Briois, mourut à Arras, sur l'échafaud révolutionnaire, le 27, juin 1794. Quand le calme fut rétabli, quelques unes des anciennes religieuses se réunirent à Hesdigneul, où elles purent achever pieusement leur vie. Elles pouvaient de là apercevoir les anciens bâtiments et les ombrages séculaires qui avaient abrité leur jeunesse, et qui gardent encore l'aspect recueilli et paisible des jours passés.
L'hopital de GosnayThierry d'Hireçon compléta l'ensemble de ses fondations pieuses en créant un hôpital, en face de la maison du Val Saint Esprit. Il le dota de quarante livres de revenus sur des terres sises à Henin-sur-Cojeul, à Fouquières et à Vaudricourt et il ordonna par son testament qu'une distribution y fut faite aux pauvres le jour de son enterrement.
En 1328, la comtesse Mahaud, executrice testamentaire de Thierry, trouvant la dotation de l'hôpital insuffisante, lui attribua deux cent quarante mencaudées de grains, blé, et avoine, dues annuellement à l'évêque, et payables à la grange de la comtesse à Coges. En outre, comme Mahaud venait de recevoir une some d'argent et douze livrées de terre sises à Auchel, elle fonda à l'hôpital de Gosnay une chapelle qui dut être desservie par un chapelain auquel elle concéda la terre d'Auchel et dont elle se réserva le nomination.
Pendant deux cent cinquante ans, l'hôpital de Gosnay recueillit les pauvres malades et infirmes des villages de Gosnay, Fouquières et Hesdigneul. En 1574, la réunion de cet établissement à l'hôpital Saint Jean de Béthune fut résolue en assemblée par le président du conseil d'Artois, le gouverneur de Béthune, le chapitre de Saint-Barthélemy, les échevins de la ville et autres officiers du roi. La réunion se fit à condition que les pauvres malades de Gosnay, de Fouquières et d'Hesdigneul seraient soignés comme s'ils étaient de Béthune et que les administrateurs feraient distribuer aux pauvres de ces villages, sur des certificats donnés par les curés des paroisses, cinquante-deux rasières de blé par an et trente six livres par mois.
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