Les collines de l'Artois :

Le vieil anticlinal artésien a été longuement et vigoureusement érodé, créant des paysages fortement contrastés les uns par rapport aux autres.
En venant de Ponthieu, on traverse d'abord le pays de Montreuil, région qui tient encore de l'Artois par beaucoup de ses caractères, mais bénéficie d'une exposition privilégiée aux rayons solaires.
L'extrême densité et l'encaissement prononcé des vallées, coupent les paysages en une série de longues croupes, toutes étirées vers le sud-ouest.
Les forêts sont encore nombreuses.
Les fermes isolées, récentes (XIXè) mettent surtout en valeur le haut des croupes où le limon s'est maintenu.
Les villages sont groupés en ordre très lache au fond des vallées, on s'y adonne à l'élevage et aux cultures fruitières.
La vallée de la Canche est un petit monde à part, verdoyant et humide.
Les hommes s'y sont installés au pied de chacun des versants, évitant le plus possible la vallée inondable.
Ils l'ont transformée entre Hesdin et Montreuil en un vaste jardin couvert de plantations diverses, où la haie vive est fréquente.
La basse vallée de Montreuil à etaples, se confond avec le marquenterre par se smultiples rigoles entourant des champs très longs et très étroits.
Le haut pays entoure la "fosse" du Boulonnais.
Au nord, les collines guinoises, dominant d'un côté la plaine maritime, de l'autre le Boulonnais, se terminent dans la mer du nord par les hautes falaises du blanc-nez.
Au sud la ligne des hauteurs s'abaisse vers les dunes de Camiers et de dannes.
Les cantons d'Hucqueliers, de Fauquembergues et de fruges, le haut-pays proprement dit, forment la "montagne" de la région, toutes proportions gérdées :
zone d'altitude entre 150 et 200m si on exclut les fonds de vallées, d'ailleurs rares et souvent à sec, où soufflent les vent d'ouest.
Le paysage y est net, sans arbres, la verdure se regroupant autour des villages.
C'est là le sommet de l'Artois, sans villes importantes et sans grands contacts avec les régions plus basses environnantes.
Au nord-est, en descendant vers l'audomarois, le réseau très dense des affluents de l'Aa découpe le glacis artésien en une multiplicité de longues croupes confluentes.
Ces vallées à terrasses ont regroupé les hommes en de longs couloirs d'habitat.
Forêts et pairies donnent à la région un caractère verdoyant.
Les centres régionaux sont Aire sur la Lys, Lumbres et St Omer, sourtout attirés par le site privilégié de l'Aa.
La moyenne vallée de l'Aa, où se situe St Omer, est un curieux prolongement, au-delà du "défilé" de Watten, de la plaine maritime.
Plusieurs fois inondée au début du quaternaire par les transgressions marines, la vallée, restée marécageuse, n'a pu être asséchée qu'au moyen-âge.
Il s'y est crée ainsi un paysage de polders er de canaux qui n'est pas sans rappeler, malgré l'horizon tout proche des collines, celui du plat-pays.
St Omer est donc situé au fond d'une sorte de golfe, bien défendu par le défilé naturel de Watten.
Le climat d'abri et la mise en valeur méticuleuse des marais, comparable à celle des hortillonnages de la Somme, font de la région le paradis des cultures légumières de plein champs.