Château de Rollancourt :
Citée dès 1071, la famille de Rollancourt posséda la seigneurie jusqu'au mariage de Marie de Rollancourt en 1362, qui la fit passer à Jean de Châtillon, fils de Margueritte de Flandre.
A la fin du XVème, elle entra par alliance dans la famille de Lannoy, puis passa au milieu du XVIè au comte d'Egmont et à Guillaume de Nassau, prince d'Orange.
Elle constituait alors une baronnie, qui fut au début du XVIIème vendue aux d'Ongnies.
En 1642, Isabelle d'Ongnies l'apporta en mariage à françois de Marnix, dont la famille demeura à Rollancourt jusqu'à la révolution.
Le château primitif entouré de fossés fut détruit au cours des combats livrés entre français et espagnols pour la posséssion d'Hesdin.
Le château actuel fut élevé par Claude de Marnix au milieu du XVIIIème siècle.
C'est une vaste construction comprenant un grand corps de logis encadré de deux ailes plus basses en retour sur la cour, et précédé de dépendances.
l'ensemble est en pierre blanche, couvert de toits brisés.
La façade du corps de logis principal est rythmée sur toute sa longueur par des pilastres ioniques colossaux.
Ils sont canelés sur l'avant-corps central, où ils supportent un grand fronton triangulaire.
Cette architecture sobre, est pleine de grandeur et d'élégance.
A l'intérieur, les pièces de réception se disposent en enfilade dans le corps principal, l'escalier se trouvant localisé à une extrémité.
L'aile gauche abrite la chapelle.
Sur la droite, une curieuse tourelle cylindrique en encorbellement sur des supports en croix, peut être un reste de l'ancienne forteresse.
Château de Roquetoire :
Fort éprouvé par les années d'occupation, le château est resté longtemps inhabité.
La restauration entreprise, si elle n'a pu lui restituer le cadre majestueux des grands arbres de sa perspective, a allégé sa silhouette en le débarrassant d'un second étage fâcheusement ajouté sous Louis-Philippe.
Le marquis de Lugy l'avait fait construire dans les premières années du XVIIIème siècle, sur un domaine acquis de la couronne d'Espagne.
Au lendemain du siège d'Aire, il le céda à Guillaume Marcotte, grand bailli d'Audruicq.
Le château passa par mariage à Louis Jolly de la Viéville, qui replanta dès 1775 le parc à l'anglaise, puis à Charles de Ranst de berchem, d'une famille issue au XIIème des Bertout de Malines, mais fixée au XVIIème au parlement de Flandre à Douai.
Entouré de douves en eau, c'est une constrution en pierre blanche aux lignes simples, dont les heureuses proportions dissimulent de vastes dimensions héritées de l'époque Louis XIV finissante.
Château de Rosamel à Frencq :
Haut et massif, ce château classique doit sa curieuse silhouette à son implantation sur des fondations héritées de la forteresse médiévale antérieure, construite sur une motte artificielle entourée d'eau courante.
Son plan est à cet égard significatif, il comprend quatre corps de bâtiments disposés en carré autour d'une petite cour intérieure et munis de tourelles aux angles.
Son élévation est en revanche caractéristique des années 1770-1780, qui sont celles de sa construction par l'architecte Boulonnais Giraud Sannier.
Elle superpose des alignements réguliers de grandes fenêtres sous une forte corniche que surmonte un étage en retrait.
A l'exeption de la rampe en fer forgé de l'escalier, le décor intérieur est extrèmement réduit, en particulier dans les salons, vastes salles hautes et bien éclairées.
Le poële en faïence monumental en forme de pyramide, qui chauffait la salle à manger, décore maintenant les petits appartements du palais de versailles.
Trois façades donnent sur les anciennes douves, la quatrième sur la cour d'honneur.
Précédée d'un miroir d'eau, celle-ci est bordée par les bâtiments bas des dépendances, qui rejoignent deux pavillons coiffés de dômes à lanternons.
L'un d'eux abrite la chapelle, dont la voûte en coupole est supportée par des pilastres ioniques.
Elle est ornée de stucs dessinant des trophées d'objets liturgiques, de guirlandes et aussi d'attributs militaires qui rappellent la carrière du constructeur du château, Claude-Marie du Camp de Rosamel, maréchal de camp, dont la famille avait acquis la terre en 1710.
Après la révolution, le château passa à son fils, l'amiral de Rosamel, qui fut ministre de la marine sous la monarchie de juillet et demeura dans cette famille jusqu'en 1922.
Château de Royon :
Entièrement détruit au cours de l'été 1944, le château de Royon était un bel édifice en pierre blanche, construit au milieu du XVIIIème siècle par une branche cadette de la famille de Bryas, en faveur de laquelle la terre avait été érigée en marquisat.
Centré autour d'un avant corps de trois travées réunies sous un fronton triangulaire, le corps de logis se rattachait aux deux pavillons en retour aux extrémités par d'élégants pans concaves en adoucissement, suivant une disposition que l'on retrouve à Bomy.
Deux ailes de service plus basses, décorées d'arcades et appareillées en bossage continus, encadraient la cour que précédaient une terrasse bordée de balustres et un pont de pierre.
La construction avait englobé à la naissance de l'aile droite un corps de bâtiment plus ancien, dont la porte en plein cintre était encadrée de pilastres et surmontée d'un tympan nervé en éventail, avec la devise de la famille de Bryas.
Cette porte identique à celle de "la maison du bailly" du Biez, a pu être remontée au centre de la façade de la demeure de dimensions plus modestes qu'a reconstruit, le baron de Hautecloque.