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L'histoire du canton de Beaumetz-les-Loges

Le canton de Beaumetz-les-Loges est traversé par la voie romaine d'Arras à Amiens par Thièvres.
Il était couvert de bois sur une grande partie de sa surface avant le IXè siècle, comme beaucoup de noms de lieux l'indiquent.


Le canton de Beaumetz-les-Loges eut singulièrement à souffrir des ravages qu'y exercèrent les français en 1595 et surtout dans la guerre de 1635 à 1640.

La plupart des villages et des fermes furent brûlés, les bestiaux enlevés, les cultures détruites, les femmes mises à mal.
Les habitants, pour se soustraire à la rapacité et aux violences des soldats, se réfugiaient au premier bruit d'une nouvelle incursion dans des souterrains creusés en d'autres temps et pour le même usage, et y déposaient ce qu'ils avaient pu emporter de leurs biens.

Quelques uns de ces refuges existent encore.

Adinfer :

Andinfer.
Les titres de St Vaast signalent la châtelaine d'Andinfer comme bienfaitrice de l'abbaye en 1194.
Cette terea était dès lors le patrimoine de la maison de Guînes (Hames) qui y avait un château fort muni de tours et de fossés, avec deux portes surmontées des armes de Guînes sur un écu en losange.
On en voyait encore de beaux restes en 1730.

L'église renfermait un mausolée en marbre, avec deux figures en relief, portant la date de 1534.
La seigneurie fut vendue, en 1554, au comte d'Egmont, fils du brave lamoral d'Egmont, que le duc d'Albe fit décapiter en 1568.

La coutume locale fut rédigée en 1507.
La cure du village était en partie un personnat.

Agnez-les-Duisans :

Situé sur le Gy, ce lieu est nommé Agnès et Aniez dans les chartes du XIIè siècle.
Nom de situation, de Agnio, eau.

Dès l'an 1152, dix maisons dépendaient du chapitre d'Arras.
Le fief d'Agnès fut saisi, en 1272, par Robert, comte d'Artois.
Il dépendait du sire d'Habarcq.
L'armée de Louis XI, saccagea le village en 1475.
Le hameau dit "le petit-Cambrai", vers le chemin d'Avesnes, fut alors entièrement ruiné.

Bailleulmont :

Ce village, nommé dans les chartes Bulliens-Mons et Balleoli-Mons, est situé sur l'ancienne chaussée d'Arras à Amiens.
En 1096, Romuald de Bullientismonte, chevalier, joute au tournoi d'Anchin.

La forterese était une position importante avant l'usage de l'artillerie.
Ce château, reconstruit d'un bel ouvrage par les seigneurs de Saveuse au commencement du XVè siècle, fut dévasté en 1477 par les suisses de Louis XI, parce que Philippe de Saveuse avait marché contre les suisses avec Charles-le-Téméraire.
Il n'était pas encore complètement réparé lorsqu'il fut attaqué et emporté, en 1521, par l'armée du duc de Vendôme.
il fut rasé deux ans après en 1523.

Il n'en reste qu'un pan du donjon, et le terrassement de ses remparts avec fossés, formant un parrallélogramme à angles coupés qui marquent l'emplacement des quatre grosses tours.
Le sommet du terre-plein à environ 370 pas de dévellopement.

Un souterrain, qui existe encore, partait du château et aboutissait au puits d'un moulin de pierre situé entre Bailleulmont et Basseux.

Une chambre haute du donjon portait le nom salle du désepoir.
Voici ce qui avait donné à ce lieu cette appellation.
Collart de bois-Huon, écuyer, seigneur de Vis-en-Artois, avait épousé une fille naturelle de Philippe de Saveuse.
Ce jeune homme folastre et de folles manières, dit Duclercq.

Son beau père ayant obtenu du roi un mandement pour le mettre en tutelle, l'avait enfermé dans une tour de son chastel, où il le faisait garder pour le corriger.
Ces mauvais traitements aigrirent l'esprit de cet infortuné, et un matin (11 octobre 1458), le valet qui entra dans sa chambre pour le servir, le trouva pendu avec un long sac dans lequel on lui avait la veille apporté du fruit.
Le jour suivant, un cadavre était descendu silencieusement et sans appareil dans la cave sépulcrale du château.
Le funeste appartement fut fermé.
Pendant la longue détention du malheureux Collart, on l'avait souvent vu la figure collée aux bareaux de son étroite fenêtre, cherchant à respirer l'air embaumé du bois, à recréer ses yeux, à rafraichir ses sensations.
A la tombée de la nuit, une lumière ne manquait pas d'apparaître à cette lucarne solitaire donnant sur le parc.

Les bons villageois s'apitoyaient sur le sort du prisonnier.
Souvente fois, ils avaient jeté un regard mélancolique sur la tour qui le renfermait.
Après sa mort, des idées superstitieuses s'attachèrent longtemps à cette partie du château.
Lorsque la nuit, par hasard, une lumière était aperçue à l'un des étages de la tour, on croyait voir l'esprit du désespéré Collart errer dans cet affreux donjon.
Et le laboureur attardé qui voyait cette lueur incertaine scintiller à travers les arbres, se signait tristement, priant pour l'âme en peine du jeune homme.

Et la veillée villageoise se noirrussait de ces récits.
Le remods ne tarda pas à s'asseoir sur la couche des maitres orgueilleux du château.
On dit que sur les dalles froides et humides du couvent de Ste Claire en la cité d'Arras, fondée par Philippe de Saveuse, une jeune femme vêtue de longs habits de deuil, priait chaque jour agenouillée, exhalant en long soupirs le regret tardif de n'avoir pas secouru celui qu'elle avait promi à Dieu d'aimet et qu'elle se devait de protéger.

Bailleulmont avait sa coutume en 1507.


 


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