Barlin :
Le premier titre où fut mentionné le village est la donation que fit en 1141 Alvise, évêque d'Arras, à Léon, abbé de St Bertin, et à ses successeurs; de l'autel de barlin.
Trois ans plus tard, Lucius II confirma cette donation que renouvela en 1152 Godescalque, successeur d'Alvise.
Un peu plus tard, Letard d'Anekin vendit à l'abbaye de St Bertin une autre dîme à percevoir sur la même paroisse.
L'évêque d'Arras, Raoul de neuville, confirma cette vente en 1207.
Dès lors, la dîme se partagea ainsi : sur dix gerbes, le prieuré du Perroy en prit quatre, le curé du lieu trois, et l'abbaye de St Bertin deux; Quant à la dixième, elle appartenait à celui qui charriait la dîme.
Les terres de Barlin se divisaient en plusieurs seigneuries de mouvances diverses.
les unes qui relevaient du fief d'Houvelin étaient tenues du château de St Pol, d'autres mouvaient d'Houdain et par suite du château d'Arras.
Enfin quelques fiefs avaient pour chef-lieu féodal le château de Béthune.
On voit dans l'acte de confirmation de l'évêque Raoul, qu'en 1207, Thomas de Hasbarc portait le titre de seigneur de Barlin.
Ce domaine appartint ensuite à l'illustre famille de Melun (branche des seigneurs de la Borde) mais Jean de Melun, dit le brun, chambellan du roi et maître enqueteur des eaux et forêts de France, de Champagne et de Brie, eut ses biens confisqués par jean Sans Peur "pour les services qu'il a faiz à l'encontre de nous depuis le traité d'Arras, fait de jour en jour avec nos ennemis et adversaires".
Les terres et revenus de barlin furent alors donnés en jouissance temporaire (18 août 1416), par le Duc de Bourgogne à son chambellan Walleran de Jehaucourt "par considération des grans, notables et aggréables services que nous a faiz le temps passé notre amé et féal chevalier messire Valleran de jeahucourt, tant ou voyage de Hongrie, comme en toutes les armées et chevauchées que nosu avons faites et que nous a convenu faire puis notre partement de la ville de paris, et mesmement en la garnison de Soisson, où il perdy toute sa cherance sanz aucunement avoir esté récompensé et mesemement pour ce qui quatre mois en ça pour cause de notre dit service il lui a falu delaissier son hostel et domicile de Beaufort sur Oise et soy rendre fuyitif du sien".
Mais plusieurs habitants de barlin attachés au parti de leur ancien seigneur et ennemis des Bourguignons ne voulurent point reconnaître le nouveau possesseur.
Il refusèrent de lui obéir et de lui payer les rentes et arrérages qu'ils lui devaient, soulevèrent des contestations et lui firent même "plusieurs menaces et dureté de voyes de fait".
Walleran s'en plaignit au duc qui ordonna (23 avril 1417) aux gens de la Cour des comptes à Lille, de faire administrer en son nom les terres de barlin, d'y percevoir les revenus et de "commettre au dit lieu telz bailly, receveur et autres officiers que bon leur semblerait pour le bien, utilité et prouffit des dites terres et revenus, et de son chambellan".
Les troubles ne s'apaisèrent point, et sur de nouvelles plaintes de walleran, l'ordre fut donné (5 juillet 1417) d'arrêter plusieurs personnes comme "facteurs et complices de fait d'aguait et appense, qui ont voulu tuer et occire le dit chevalier ou au moins ont marchandé de le tuer".
L'ordre portait de les saisir partoutoù on les trouverait "hors lieu saint" et de les mener sous garde prisonniers au château de Lille pour y être punis et corrigés selon le cas.
On devait, en outre, saisir les biens de ceux qu'on aurait pu arrêter.
On ne sait pas, malheureusement, comment se termina cette affaire, et l'on ignore également, la date où le sire de jehaucourt cessa de jouir de la terre de Barlin.
En 1438 (13 mai), Philippe le Bon, maintenant la confiscation des biens de Philippe de Melun, disposa de la terre de Barlin en faveur de ses "très-chers et très aimés enfants" et cousins Charles et Jehan, comtes de nevers et de rethel, seigneurs d'Houdain.
Toutefois cette seigneurie revint à la maison de Melun, et peu après elle fut vendue à Messire Lancelot de Caumesnil qui en fit l'aveu en 1473.
Ce seigneur n'eut qu'une file qui apporta en dot la terre de Barlin à jean du Bois, sieur d'Esquerde, conseiller et chambellan du roi.
Marguerite, sa fille, épousa en 1482 Jean de Roye, puis en secondes noces Olivier de la Vernade, sire de la Bastie.
En 1539, cette terre qui avait le titre de baronnie et de vicomté fut achetée par Charles de Ranchicourt.
Le 14 mai 1720, Delphine de Bournonville épousa Alexandre de Mailly, colonel d'infanterie, et lui apporta en mariage la terre de Barlin qui fut pau après mise en vente et achetée en 1736 par le sieur de Gosson.
Peu de choses sont à dire sur la famille de Gosson qui doit son illustration au célèbre jurisconsulte Nicolas Gosson, décapité en 1578 à la suite des troubles d'Arras.
Elle siégait aux états d'Artois.
Parmi les fiefs de moindre importance existant à Barlin sont cités :
Le fief Wamin, qui fut possédé par Robert Mauverghe et que sa fille Magdelaine porta en mariage à Michel brunel.
Celui-ci le droitura en 1519.
Le fief du Buisson, ou de Lonnoile, dont le dénombrement fut servi en 1573 par Nicolas de varel.
Enfin le fief d'Ambrines, appartenant en 1501 à Nicolas Domicourt.
Le seigneur de Barlin avait toute justice, haute, basse et moyenne.
Il avait hors du vilage une justice de pierre, c'est à dire un gibet en maçonnerie pour les exécutions, et, sur le riez, un pilori.
La coutume de Barlin fut rédigée en 1507.
D'après la tradition, l'église aurait autrefois été construite sur l'emplacement du cimetière, et après avoir été détruite, ainsi qu'une partie du village, elle aurait été rebâtie au lieu où elle existe actuellement.
Bien qu'on trouve de nombreuses traces de fondations près du cimetière et dans la partie du terroir dite Saint Pierre, on ne saurait admettre sans réserve cette opinion qui en s'appuie sur aucun document ancien.
Cette église est en gothique de décadence, et ne présente aucun intérêt.
La château qui se trouve contigu à l'église est moderne, il a été construit par la famille de Gosson.
Nous mentionneront en terminant un compte des travaux exécutés au château de Barlin en 1417 et 1419.
Il résulte de ce document qu'on dut reconstruire à cette époque, deux écuries, repraver une chambre "estant sur le porte de ladite, maison, laquelle els gens d'armes avait moult desolée" refaire l'escalier, plusieurs portes et fenêtres et une partie de la charpente des combles.