
Attin :
La commune d'Attin, appelée dans les anciens titres mero-Attiniacum, est située sur la canche, à quatre kilomètres de Montreuil sur mer.
Elle présente un aspect riant, à cause des arbres qui l'environnent et de sa position en amphithéatre qui lui permet de fixer son regard très loin dans la campagne.
Comme l'indique l'éthymologie de son nom, le flux de la mer remontait autrefois jusqu'au village dont il s'agit, et rendait la canche navigable de tout temps.
La preuve est que la plupart des villages voisins ont un nom qui rappelle également le séjour de la mer dans ces parages.
Une vois militaire qui longeait les côtes, conduisait à attin en passant près de Brexent, comme il est prouvé par une charte de 1248, et traversait la canche à un bac qui servait de communication entre les deux rives.
A l'époque de la construction du pont d'Attin, en 1776, on a découvert des vestiges de l'ancienne chaussée brunehaut, ayant 7 pied d'épaisseur et formée par trois couches de différentes matières.
On a également trouvé à 8 pieds de profondeur, un saule entier, non pétrifié, non déformé.

Hitoire du bac d'Attin :
L'existence du bac remonte à une époque recullée; Malbrancq l'appelle Méro Attiniensis et Danville y place l'Addullia de la table théodisienne, station militaire sur la voie romaine de Boulogne à Amiens.
Le roi Thierry III abandonne, en 696, à l'abbé de Sithiu, devenu le grand Saint Bertin, les droits que le fisc perçoit à Attin.
Les lettres, délivrées à cette occasion au palais de Compiègne, le 6 des calendes de novembre, stipulent une seule réserve pour les ateliers de charronnage, qui, par une bizarre exception demeurent titulaire de ce domaine.
Le bac d'Attin était le seul endroit où l'on passait la Canche depuis Montreuil jusqu'à la mer; lors donc que le comte de Boulogne Hernequin s'enfuit au lendemain de la funeste journée de Wimille et du pillage de sa capitale par les normands en 881.
Il y traversa la rivière pour y réorganiser son arméee dans les plaines du Ponthieu.
Un nouveau désastre l'attendait sur les bords de l'Authie, car les barbares, acharnés à sa poursuite, dispersèrent une seconde fois ses troupes et lui même, gièvement blessé, ragagna la Canche accompagné d'un seul écuyer; ce fut entre le bac et Montreuil qu'il l'atteignit, et, apercevant le détachement normand qui le cernait de près, il se jeta résolument à la nage et fut se réfugier à l'abbaye de Saint-Wulmer.
L'importance d'Attin s'accrut à mesure que les communications avec le Boulonnais devinrent plus fréquentes.
Ainsi, voyons nous, figurer en 1450, parmi les dépenses du Duc de Bourgogne "vingt quatre sols accordés à plusieurs bateliers qui avaient passé "mondit seigneur", madame la duchesse et leur compagnie à certains bacs, lez la ville de Montreuil, en allant en pélerinage de la ville de Hesdin à Notre dame de la ville de Boulogne, y comprit, il est vrai, l'aumône faite à certains seyeurs d'aiz (de planche) que mondit seigneur trouva en allant audit pélerinage."
Le bac perdit considérablement lorsque les mayeurs et les échevins de Montreuil, obtinrent, en 1599, par la suite de traité avec le seigneur de heuchin, pour la traversée de la porte, et avec le seigneur de Landrethun et d'Estréelles pour l'établissement de la chaussée de Neuville, l'autorisation de faire passer la route de Paris par la ville, à la charge toutefois, de supporter les frais de terrassement, d'entretiens, de ponts et de chaussées.
Cette route se dirigeait auparavant de Wailly vers le bac, par Campigneulles et Sorrus.
Elle se raccordait à celle de Boulogne en dessus du mont des brosses.
Le bac d'Attin était un bâteau plat retenu par un cable attaché aux deux rives.
Le propriétaire percevait donc deux droits bien distincts : Les passagers acquittaient le péage ou pontenage et les embarcations dont la mature ne se démontait pas facilement payaient afin que la corde soit "ostée" laschée ou avalée.
Le tarif était, en 1352, de quatre deniers parisis, aux termes de l'accord intervenu, le 6 mai de cette année, entre les administrateurs de la commune de Montreuil et les seigneurs du bac, messires Ernould d'Attin, écuyer et Robert, sire de Manigauval et de la folie.
La perception du péage se faisait très excactement par des commis spéciaux.
Les moines de Saint Sauve qui avaient, de temps immérmorial, le droit de pêcher dans la canche depuis Attin jusqu'à brimeux, n'en étaient même pas affranchis.
Un jour, le portier et le cuisinier de l'abbaye passent le bac et se refusent obstinément à payer; les gens de messires de lannoy et de Londefort, seigneurs d'Attin, s'emparent du chaperon de l'un, tandis que l'autre est obligé de laisser en gage les clefs de la cuisine.
Qu'on juge de l'émoi des bons religieux!
L'affaire n'en resta pas là, l'abbé intenta un procès et produisit des titres anciens, afin d'afirmer son droit de franchise sur le bac, mais le parlement infléxible, le déclara mal fondé en sa demande et le condamna aux frais. Arrêt du 10 décembre 1394 .
Hameaux et lieux-dits : Canteraine ou Chanteraine, la Culbute, la Folie, le Moulin d'Attin, la paix faite.
Archéologie : Le choeur de l'église est plus élevé que la nef dont il est séparé par la campanille.
Une pierre enclavée dans la voûte porte cette inscription :
jay este pose par
mons, Girard chanoine
et secretaire de Monseig.
levesque de Boulogne, 1697.
le cure, mr Gosse.