Les chateaux du pas de calais !

Château de Colembert :

colembertLes dimensions de cette majestueuse demeure sont à la mesure des amples mouvements des collines du Boulonnais qui en sont le cadre.

Construit sur une plateforme entourée de larges douves bordées de balustrade en pierres, le château est une construction imposante quoiqu’un peu froide, présentant une élévation exceptionnelle à trois niveaux sous un toit à noues, assez peu important.

Du côté de l’antrée, la façade est encadrée de deux ailes en retour, et présente un avant corps en faible saillie surmonté d’un fronton triangulaire percé d’un oculus.

Côté parc, au contraire, les ailes sont disposées en léger retrait, et la façade s’organise autour d’un avant corps à pans coupés.
Un escalier monumental en descend en plusieurs paliers franchissant la douve en trois élégantes arches de tailles décroissantes.

colembert1Très réduit, le décor se limite aux sculptures strictes des clés des baies et des pots-à-feu qui amortissent le sommet des ailes, ainsi qu’aux ferronneries du balcon de l’avant-corps.

A l’intérieur, les pièces de reception se disposent de part et d’autre du salon octogonale qui, précédé d’un vestibule, s’éclaire de trois fenêtres de l’avant-corps sur le parc.

Elles ont conservé leur belle décoration de boiseries et de stucs peints.

Rejeté à une extrémité, l’escalier occupe toute la saillie du pavillon droit.
Il déroule sur deux étages son élégante rampe de fer forgé, sous un plafond à lanternon orné de figures en stuc symbolisant les saisons.

Précédé par un vaste parterre gazonné, le château est entouré d’un très beau parc paysager planté de grands arbres décoratifs d’essences variées.

Erigé en marquisat par Louis XIV en faveur de Gabriel de Maulde, la terre de Colembert appartenait au milieu du XVIIIè à Anne-Louis d’Isques, qui l’apporta en mariage en 1763 au comte Charles-Philippe de sainte Aldegonde.

colembert2 Une dizaine d’années plus tard, les époux décidèrent de remplacer l’ancien château par une plus vaste demeure.
Ils firent appel à l’architecte Boulonnais giraud sannier qui éleva le château actuel de 1777 à 1780.

Leur ami le duc Emmanuel de Croÿ-Solre, que Louis XVI venait de faire maréchal de france prit une part active dans cette entreprise.

Nommé commandant militaire des côtes orientales de la Manche, il persuada Charles de Saint Aldegonde de construire un belvédère sur la plus haute des collines voisines, en l’aidant de ses deniers et de ceux du budget militaire.

De cette tour de quatre étages, achevée en 1783 mais détruite une vingtaine d’années plus tard, on découvrait tout le boulonnais, le détroit et les côtes anglaises.

A la révolution, le château fut saisi et vendu en 1795 comme bien national.
Le fils du comte de Sainte Aldegonde put le faire racheter par son beau-frère, le marquis d’Ennetières, que sa qualité d’étranger permettait d’échapper aux lois sur l’émigration et qui lui restitua à l’amnistie de 1800.

Il passa par lègues successifs à la comtesse de Cossé-Brissac, à la vicomtesse de grancey, puis à la marquise d’Ivry dont la fille, la baronne Pierre de Lauriston-Boubers est l’actuelle propriétaire.