Guînes :
Histoire de Guînes :
Plus que Calais même, c'est Guînes qui, historiquement s'impose d'abord dans le calaisis.
Commune dès 807, prise vers 930 par Sifrid le Danois qui la fortifie, la ville donne alors son nom à un comté que ses titulaires détiendront comme vassaux du Comte de Flandre.
Le fief s'étend progressivement, par l'adjonction de l'Ardrésis, du Brédenarde (actuel canton d'Audruicq) et du pays de Licques.
La ville prend de l'importance, compte trois paroisses, possède une abbaye de femmes, se voit dotée d'un échevinage.
Manassés, 5ème Comte de Guînes meurt en 1137, laissant le comté à l'époux de sa petite fille, Béatrix.
Celui-ci, Albert Sanglier, retenu en Angleterre, son pays, se vit supplanté par Arnould de Gand, châtelain de Tournehem qui fut comte jusqu'en 1169.
Baudoin II, fils d'Arnould agrandit le château seigneural qui couvre alors les trois quart de la ville actuelle.
Ce prince mort en 1205, laissa la réputation d'un lettré.
Arnould II qui lui succède, s'oppose à Renaud de Dammartin, comte de Boulogne, reste fidèle au roi de France Philippe Auguste devenu son suzerain, et participe à ses côtés à la victoire de Bouvines, vengeant ainsi sa ville incendiée par le comte de Flandre.
Arnould III doit en 1283, vendre son fief au comte d'Artois et au roi Philippe le Hardi.
Sa petite fille, Jeanne de Guînes, en récupère une partie en 1295, grâce à Philippe IV le Bel.
Le mariage de Jeanne avec Jean de Brienne, comte d'Eu, fait passer le comté dans la famille de Brienne où il reste jusu'à la mort de Raoul de Brienne, connétable de France, décapité pour trahison, injustement sans doute en 1350.
Jean le Bon l'annexe alors, mais pour peu de temps, car Guînes tombe entre les mains des Anglais en 1351.
Une partie des seigneurs du pays réussit à demeurer française.
Devenue zone-frontière, la contrée est dévastée en 1418, en 1436 et, moins gravement en 1479.
Guînes connut des jours glorieux, mais sans lendemain, quand le roi Henri VIII d'Angleterre y résida en 1520, lors de l'entrevue du Camp du Drap d'or, dans le fameux palais de cristal dont il ne reste malheureusement aucune trace.
François de Guise libère Calais en 1558 et, huit jours plus tard reprend Guînes dont il fait raser la forteresse.
Ce n'était pas la paix définitive, car la ville allait être en grande partie incendiée par les Espagnols qui l'occupent de 1596 à 1598.
Ils devaient revenir l'incendier de nouveau au cours d'une rapide incursion en 1674.
L'implantation dans la région, de familles huguenotes fuyant les Pays bas, fait de Guînes un centre protestant assez actif pour qu'un temple établi en 1579, y subsiste jusqu'à la révocation de l'Edit de Nantes.
Au XVIIème et au XVIIIème siècles, Guînes est prospère.
Le commerce s'y développe grâce aux canaux qui, à partir de Calais, la mettent en communication avec l'Artois, la Flandre et le Hainaut.
Un seul fait important marque alors son histoire, l'atterrissage, le 7 janvier 1785, de l'aéronaute Blanchard, qui, parti de Douvres, fut en compagnie du médecin Jeffries, le premier à traverser le Détroit par la voie des airs.
La révolution ne trouble guère la petite ville choisie comme chef-lieu d'un canton du district de Calais; laissée de côté au XIXème siècle par le chemin de fer, elle a retrouvé quelque importance comme centre commercial agricole, avec le développement des transports routiers.