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Histoire du pas de calais
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Calais :

Calais est une commune française.
Sous-préfecture du département du Pas-de-Calais.
Les habitants de Calais sont appelés les Calaisiens.

Calais est située sur le pas de Calais qui marque la limite entre la Manche et la mer du Nord.
Bénéficiant depuis très longtemps d'une situation privilégiée, comme port(e) vers l'Angleterre, elle fut protégée par de nombreux forts au cœur de la ville même et dans les environs immédiats, au Nord et à l'Ouest.

Elle draine aujourd'hui l'activité des réseaux ferroviaires et autoroutiers.
Dans l'alignement de l'autoroute venant d'Arras, de Lens, Béthune et Saint-Omer, elle voisine le point d'embarquement trans-Manche (à Coquelles, au sud-ouest), mis en service depuis le percement du tunnel.


Histoire :

Kaleis est un village de pêcheurs attesté dès le VIIIe siècle, mais le premier document officiel mentionnant l'existence de cette communauté est la charte de commune octroyée par Mathieu d'Alsace au XIIe siècle, charte connue par la confirmation qu'en fait, en 1181, Gérard de Gueldre, comte de Boulogne.

Le siège anglais (1346-1347).

Lors de la guerre de Cent Ans, le roi Édouard III d'Angleterre, issu de la maison angevine des Plantagenêts, revendiquait la couronne de France.

Après avoir remporté la victoire de Crécy-en-Ponthieu en 1346, recherchant une ville portuaire qui serait la clef pour le débarquement de ses troupes en France, il se pressa d’aller faire le siège de Calais et commença, le 4 septembre 1346, l’investissement de la place pour un siège qui devait durer onze mois.

Au début de septembre 1346, la ville de Calais, protégée par sa situation au milieu de terrains marécageux envahis par les eaux à chaque marée, était défendue par une garnison placée sous le commandement d’un chevalier originaire de Bourgogne, Jean de Vienne secondé par un certain nombre de chevaliers d’Artois.

Voyant l’armée anglaise définitivement établie (pour un siège au finish), Jean de Vienne, craignant avec raison d’être contraint par la famine à se rendre, résolut de se défaire de bouches inutiles et d’expulser de la ville les personnes dépourvues de biens et de provisions (entre 500 et 1700 personnes selon les chroniqueurs)

Il y eut peu de bataille sur terre autour de Calais, mais en mer, le roi anglais fit placer 25 bateaux devant Calais.
Des navires génois, au service de la France, réussirent cependant à forcer le blocus, ainsi que des navires normands et des marins d’Abbeville, pour ravitailler Calais et ses assiégés.

Le 27 juin 1347 cependant, l’armée française parut à hauteur de Sangatte.
Des Flamands et des Teutons se portèrent du côté anglais, des Hennuyers se portèrent du côté français.
Deux légats du pape furent expédiés à Calais et une trêve de trois jours fut conclue.

Le blocage de tous les passages menant à Calais par les Anglais empêchant le roi de France d’intervenir, Jean de Vienne, pressé par la population de Calais assiégée depuis onze mois, demanda alors à parlementer avec le roi anglais sur la reddition de Calais à condition d’épargner la population et la garnison.

Furieux de la résistance de Calais, Édouard III voulait en massacrer la population, mais il accepta néanmoins, aux termes de cette négociation, de l’épargner à la condition que six notables viennent à lui, tête et pieds nus, avec une corde autour du cou pour être pendus : ce furent Eustache de Saint Pierre, Jehan d’Aire, Jacques de Wissant et son frère Pierre, Jean de Fiennes, et Andrieux d’Andres.

À leur arrivée auprès d’Édouard III, ces six bourgeois de Calais furent toutefois épargnés grâce à l’intervention de l’épouse du roi anglais, Philippa de Hainaut, qui, fondant en larmes, implora son mari de les épargner.

Édouard III accepta encore de faire grâce, mais exila tous les Calaisiens qui lui ne faisaient pas serment d’allégeance pour les remplacer par des citoyens anglais.

L’occupation anglaise (1347-1558)

La ville fut occupée par les Anglais, fin août 1347, et le roi rembarqua pour l’Angleterre, laissant des troupes à la garde de Calais sous les ordres de Jean de Montgomery au service du roi anglais, avec les chevaliers français prisonniers parmi lesquels les précités Jehan de Vienne et Jehan de Sury.

Philippe VI racheta ces nobles prisonniers lorsqu’ils furent mis à rançon en 1348 après être demeurés six mois en Angleterre.

Pendant trois ans, à partir de 1347, Édouard III étant satisfait de maintenir Calais, des trêves furent conclues entre la France et l’Angleterre La grande importance de Calais comme lieu d’accès au commerce de l’étain, du plomb, du tissu et des laines de loin, l’élément le plus important lui vaut d’être qualifiée de « joyau le plus brillant de la couronne anglaise ».

Ses recettes douanières s’élevaient parfois à un tiers du revenu du gouvernement anglais. Sur une population d’environ 12 000 habitants, 5 400 étaient liés au commerce de la laine.

Le gouvernorat de Calais était une charge publique lucrative fort prisée ; ainsi, Richard Whittington fut simultanément seigneur-maire de Londres et de Calais en 1407.

La reconquête française (1558):

En l’absence de toute défense naturelle, le maintien de la mainmise anglaise sur Calais dépendait néanmoins de fortifications entretenues à prix d’or.

La proximité de Calais avec la frontière franco-bourguignonne mettait fréquemment la domination anglaise à l’épreuve des forces de France et du duché de Bourgogne.

La domination anglaise sur Calais a largement dû sa longévité à cette rivalité entre la Bourgogne et la France, tous deux convoitant la ville mais préférant la voir aux mains des Anglais plutôt que de leur rivale.

La victoire de la couronne française sur le duché de Bourgogne et son incorporation subséquente au territoire de la couronne de France marqua la fin de ce statu quo.
Ayant enfin les mains libres pour reprendre Calais, la France nomme, à son retour d’Italie en 1557, le duc François de Guise, dit « le Balafré », lieutenant général du royaume.
Le 7 janvier 1558, ce dernier profite de l’affaiblissement de la garnison et du délabrement des fortifications pour reconquérir Calais.

Calais fut également sur les lignes de front du conflit de la France avec le Royaume-Uni pendant les guerres napoléoniennes.

En 1805, il a accueilli l’armée de Napoléon et la flotte d’invasion pour son invasion avortée de la Grande-Bretagne.

La Première Guerre mondiale :

Lors de la Première Guerre mondiale, Calais sera la première ville française à subir une attaque de dirigeables.
Le 23 février 1915, le zeppelin ZX survole la ville de nuit.
À 4 h 20, une dizaine d’explosions réveille les Calaisiens, la gare des Fontinettes et les voies ferrées sont visées mais elles ne subissent que de légers dégâts.

Toutefois, au 8 de la rue Dognin, il y a cinq morts. Un couvre-feu est établi, mais un autre raid du zeppelin ZX II a lieu le 18 mars 1915, frappant le Fort-Nieulay, les voies de chemin de fer, le boulevard Gambetta ainsi que la cathédrale Notre-Dame dont les vitraux sont pulvérisés.

Un troisième raid suit, le 17 mai 1915, lorsqu’un autre zeppelin lâche ses bombes sur le Fort Nieulay, faisant des victimes. Il est cependant atteint par les avions et regagne péniblement sa base de Maubeuge.

D’autres raids suivront le 28 juillet 1915, le 22 septembre 1916 et le dernier le 17 février 1917.

La Deuxième Guerre mondiale :

Après l’invasion de la France par les forces allemandes, la région fut administrativement rattachée par le Reich à la Belgique.

À la fin de la guerre, craignant un débarquement des forces alliées à proximité, ils avaient instauré une zone interdite autour du port.

On trouve encore aujourd’hui, à proximité de l’hôtel de ville, un vestige du mur délimitant cette zone.
En février 45, alors que la ville est déjà libérée, Calais va subir un tragique bombardement dû à une erreur d'appréciation des Britanniques pensant survoler… Dunkerque[4] ! L’incendie de la vieille ville, qui en résulta, détruisit une grande partie de son passé.

Lieux et monuments :

La tour du Guet, datant du XIIIe siècle, a une hauteur de 38 mètres et fut classée monument historique par arrêté du 6 novembre 1931.

L’ église Notre-Dame (des XIIIe, XIVe et XVe), au style Tudor si particulier, obtint son classement Monument historique par arrêté du 10 septembre 1913.

La citerne royale de l'église Notre-Dame, aux murs très épais (de 2 mètres à certains endroits à 4 mètres à la clé de voûte) et d'une contenance de 1800 m³.

La citadelle du XVIe siècle. Sur les fondations d'un château médiéval construit en 1229 par Philippe Hureprel, comte de Bourgogne, la citadelle est édifiée à partir de 1560, renforcée par Errard, ingénieur d’Henri IV puis par les ingénieurs de Louis XIII et de Louis XIV.




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